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HISTOIRE DE PARIS
Mercier qui, continuant l’ouvrage de Pierre Lescot , en conserva les dessins.Cette façade et tout le corps de Miiment auquel elle appartient restèrent im-parfa Is. Commencée au seizième siècle, continuée au dix-septième, laisséedans un état de ruine, longtemps à demi enterrée sous des décombres, elle par-ticipait de la manière de l’une et de l’autre époque. La façade du côté oriental,celle qui se trouve derrière la façade extérieure appelée colonnade, conserva, àplusieurs égards, l’ordonnance du bâtiment appelé vieux Louvre, mais en dif-féra dans plusieurs autres. Il en fut de même de la façade septentrionnale. Lesfaçades de cette cour, si l’on en excepte celle qui appartient au vieux Louvre,entreprises ou réparées sous Louis XIII , Louis XIV et Louis XV , ne furent pointterminées. Les bâtiments qu’elles représentaient étaient abandonnés avantd’être achevés. La plupart manquaient de toitures ou n’en avaient que de provi-soires, établies à la liàte, et qui ne s’élevaient pas même à la hauteur des mursde face.
Diverses académies tenaient leurs séances au vieux Louvre ou dans les corpsde bâtiments contigus. Des gens de lettres, des artistes obtinrent la permissionde s’y loger, et d’y établir leurs ateliers. Ces permissions se multiplièrent, Lacour du Louvre était de plus encombrée de gravois qui s’élevaient à la hauteurdu premier étage ; et dans les endroits où Ton pouvait passer, on avait laisséétablir des baraques hideuses. En 1772, cette cour fut débarrassée de ces bara-ques et de ces décombres, et partagée en quatre grands carrés de gazon, proté-gés par des barrières. Ce palais resta dans ce déplorable état depuis le commen-cement du règne de Louis XIV jusqu’en 1802, époque où Napoléon entrepritd’achever l’édifice du Louvre.
Les façades extérieures et intérieures furent alors entièrement ragréées, ache-vées, couronnées de balustrades et couvertes d’une toiture. Celles du côté dunord et du côté du midi, construites en partie d’après les dessins de Pierre Les cot , furent refaites d’après ceux de Claude Perrault , et couronnées pareillementde balustrades. La façade intérieure du vieux Louvre ne put se raccorder avec lesautres. Elle resta avec ses beautés et ses défauts comme un monument de l’ar-chitecture du seizième siècle. Une immense quantité de sculptures, à l’extérieurcomme dans l’intérieur, des voûtes, des escaliers, des toitures, des portes richesd’ornements qui correspondent à la magnificence de l’édifice, et une infinitéd’autres ouvrages de détail, furent accomplis en moins de huit ans; et ce palais,vieilli avant d’être achevé, noirci, dégradé par le temps, sembla sortir de sesruines, glorieux et rajeuni.
Des démolitions commencées en même temps au nord du Louvre laissent dece côté une large rue ; de vastes constructions entreprises sur la place dite duvieux Louvre, conformes aux bâtiments qui sont en face, doivent se rattacherà la nouvelle galerie du Louvre située du côté de la rue Saint-Honoré, commeles bâtiments du côté opposé se rattachent à l’ancienne galerie qui borde lecours de la Seine . Cette galerie nouvelle, commencée en 1807, et les salles duMusée des Antiques établies en 1805, au rez-de-chaussée des bâtiments duvieux Louvre et de ceux qui s’avancent jusqu’au quai, disposées, embellies avecgoût et magnificence ; le superbe et pittoresque escalier qui, de l’entrée de