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SOUS LOUIS XIV .et la quitta pour occuper une salle dans le château des Tuileries ; enfin cettesalle, souvent réparée, servit encore aux séances du conseil des Cinq-Cents , quil’occupa jusqu’en 1798, époque où la salle actuelle du palais Bourbon futconstruite.
Bonaparte , sur l’emplacement de ces enclos et jardins, de cette cour, de cettesalle, fit ouvrir, en 1802, la rue de liivoli. Il fit aussi ouvrir dans le mêmetemps, la rue du Mont-Thabor, celle de Castiglione, et celle de Napoléon , depuis1815 nommée de la Paix, qui, toutes deux dans la même ligne, en partant dujardin des Tuileries , traversent la place Vendôme et se dirigent jusqu’au boulevardde la Madeleine. On peut observer que le jardin des Tuileries est aujourd’hui undes plus beaux qui existent en Europe .
Champs-élysées , promenade publique et sans clôture, située au delà du jardindes Tuileries , dont elle est séparée par la place Louis XV. Son emplacement étaiten culture et n’offrait çà et là que des maisonnettes ét des jardins, lorsqu’on1670 on commença à y tracer des allées et à y planter des arbres. Cette prome-nade fut d’abord nommée le Grand-Cours, pour la distinguer de celle du Cours-la-Reine, qui est contiguë. Dans la suite, lorsque les arbres eurent donné plus deverdure et répandu plus d'agrément, elle fut nommée Champs-Elysées : elle por-tait ce nom sous Louis XIV . En 1770, ses plantations furent presque entièrementrenouvelées.
Les Champs-Elysées sont traversés par la route de Neuilly , roule dont l’axeest une prolongation de celui de la grande allée du jardin des Tuileries . Cetteroute, plantée d’arbres, munie de contre-allées, se continue, toujours dans lamême ligne, jusqu’à la barrière et jusqu’au delà du pont de Neuilly. Paris n’apas d’entrée plus imposante ; peu de villes en ont d’aussi magnifiques (1).
A l'entrée des Champs-Elysées , par la place Louis XV, aux deux côtés de laroute, sont élevés sur des piédestaux deux groupes en marbre, représentant cha-cun un cheval fougeux retenu par un homme. Sculptés par Coustou le jeune, ilsfurent, en 1745, placés aux deux côtés de l’abreuvoir de Marly. On les transféra,en 1794, à Paris , sur un chariot conservé comme une curiosité dans la premièresalle du Conservatoire des arts et métiers . Pendant l’hiver de 1818 à 1819, on aexhaussé, affermi et sablé toutes les allées des Champs -Elysées , abattu huit centspieds d’arbres, et replanté environ six cents. Enfin, depuis 1830, on y a exécutédivers embellissements dont je parlerai plus loin.
place dû carrousel, située à l’est du palais des Tuileries . Elle présentait unterrain vague, qui existait entre les anciens murs de Paris et ce palais. Sur ceterrain, on établit, en 1600, un jardin qui fut nommé dans la suite ]e jardin deMademoiselle, parce que mademoiselle de Montpensier habitait le palais des Tui leries , et possédait ce jardin, qui fut détruit en 1655. Louis XIV choisit cet em-placement pour y donner, les 5 et 6 juin 1662, une fêle ou spectacle composé decourses, de ballets, où la cour étala un luxe extraordinaire dans les habitset les équipages. On avait, pour cet objet, élevé sur cette place une construc-
(1) La longueur des Champs-Élysées, depuis la place Louis XV jusqu’à l’Étoile, située à son extré-mité opposée, est de plus de àOO toises; sa moindre largeur, du côté des Tuileries , est de 1G0 toises ;sa plus grande, du côté de Chaillot, est d’environ 500.