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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LOUIS XIV .

années après, en 15G7, obligé dabandonner la bibliothèque et de senfuir àSancerre, il mourut de chagrin. Amyot le remplaça, et rendit quelques ser-vices aux gens de lettres, en leur communiquant des manuscrits. Il paraîtquavant lui cette bibliothèque ne servait quà ceux qui en avaient la garde.Pendant la Ligue, elle éprouva plusieurs pertes fâcheuses. Dans une note queJean Gosselin, alors gardien, eut la précaution décrire sur un manuscrit in-titulé Marguerite historiale, par Jean Massue, on lit que le président de Nully,fameux ligueur, se saisit, en 1593, de la librairie du roi, en fit rompre les mu-railles, la garda jusquà la fin de mars 1594, et que, pendant cet espace detemps, on enleva le premier cahier du manuscrit dont je viens de donner letitre; que Guillaume Rose, évêque de Senlis , et Pigenat, curé de Paris , autresfurieux ligueurs, firent, dans un autre temps, plusieurs tentatives pour envahirla bibliothèque royale; mais qu'ils en furent empêchés par le président Brisson,à la sollicitation de lui Gosselin.

Henri IV , maître de Paris , ordonna, par lettres du 14 mai 1594, que la biblio-thèque de Fontainebleau serait transférée dans sa capitale, et la fit déposer lan-née suivante dans les bâtiments du collège de Clermont. Elle saugmenta, verscette époque, dun grand nombre de livres précieux. Catherine de Médicis avaitlaissé une collection de manuscrits hébreux , grecs, latins, arabes, français ,italiens, au nombre de plus de huit cents. Cette collection provenait de la suc-cession du Maréchal Strozzi. Catherine se lappropria sous prétexte que ceslivres provenaient de la bibliothèque des Médicis. Après la mort de cettereine, Henri IV ordonna lacquisition de cette collection, qui fut transférée,en 1599, au collège de Clermont. Les jésuites furent rappelés en 1G04; onleur rendit leur collège et on transporta la bibliothèque du roi dans une salledu cloître du couvent des Cordeliers : ces livres étaient alors sous la garde deCasaubon .

Sous Louis XIII , la bibliothèque royale fut enrichie des livres de Philippe Hurault , évêque de Chartres , au nombre de 118 volumes, dont 100 manuscritsgrecs; de ceux du sieur de Brèves, ambassadeur à Constantinople , consistanten 108 beaux manuscrits syriaques, arabes, persans, turcs , qui avaient été ac-quis et payés par le roi pour faire partie de sa bibliothèque ; mais le cardinal deRichelieu sempara de cette collection, ainsi que de la bibliothèque de La Rochelle ,dont il composa la sienne, quil légua à la Sorbonne. Sous le même règne, labibliothèque du roi, restée au couvent des cordeliers, fut transférée dans unegrande maison appartenant à ces religieux, et située rue de la Harpe, au-dessusde léglise Saint-Côme. Les deux frères, Pierre et Jacques Dupuy , en furent nom-més gardes, et Jérôme Bignon, grand-maître : elle consistait alors dans environ16,746 volumes, tant manuscrits quimprimés. On doit à Louis XIII davoirrétabli une ordonnance (1617) de Henri II , qui na pas peu contribué à laccroisse-ment de la bibliothèque, et qui porte ce qui suit : A lavenir ne sera octroyé àquelque personne que ce soit, aucun privilège pour faire imprimer ou exposer envente aucun livre, sinon à la charge den mettre gratuitement deux exemplaires enla Bibliothèque du roi.

Sous le règne de Louis XIV et sous le ministère do Colbert , celte bibliothèque