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huit cent cinquante volumes. Cette collection disparut pendant que le duc deBedfort, en qualité de régent de France , séjournait à Paris . Ce prince anglais , en14.29, l’acheta tout entière pour la somme de 1,200 livres. Il parait qu’il en fittransférer une partie en Angleterre. Ces volumes étaient, pour la plupart, enri-chis de miniatures, couverls de riches étoffes, et garnis de fermoirs d’or oud’argent.
Louis XI rassembla les volumes que Charles V avait répartis dans diversesmaisons royales, y joignit les livres de son père, ceux de Charles, son frère,et, à ce qu’il paraît, ceux du duc de Bourgogne : l’imprimerie, qui commençasous son règne à être en usage, contribua à l’accroissement de sa bibliothèque.— Louis XII fit transporter au château de Blois les volumes que ses deux pré-décesseurs, Louis XI et Charles VIII , avaient rassemblés au Louvre, où se trou-vaient les commencements d’une précieuse collection de livres, dont plusieursprovenaient de ceux que le duc de Bedfort avait tirés de la tour du Louvre pourles transférer en Angleterre. Charles VIII avait réuni à la bibliothèque royalecelle des rois de Naples ; Louis XII l’augmenta de celle que les ducs de Milan possédaient à Pise . — François I er , en 1544, avait commencé une bibliothèque àFontainebleau : il l’accrut considérablement, en y transférant les livres queLouis XII avait réunis à Blois . — Cette bibliothèque de Blois , dont on fit alorsl’inventaire, se composait d’environ 1,890 volumes, dont 109 imprimés, 38 ou 39manuscrits grecs, apportés de Naples à Blois par le célèbre Lascaris. François I erenrichit de plus la bibliothèque de Fontainebleau d’environ 60 manuscrits grecs,que Jérôme Fondul acquit par ses ordres dans les pays étrangers. Jean de Pins ,Georges d’Armagnac et Guillaume Pelliciers, ambassadeurs à Rome et à Venise ,achetèrent pour le compte de ce roi tous les livres grecs qu’ils purent trouver.Deux cent soixante volumes en celte langue furent, d’après le catalogue dressé en1544, le résultat de ces acquisitions. Depuis, François 1 er envoya dans le LevantGuillaume Postel , Pierre Gilles et Juste Tenelle. Ils en rapportèrent 400 manu-scrits grecs et une quarantaine de manuscrits orientaux. La bibliothèque de Fon-tainebleau s’accrut encore des livres du connétable de Bourbon, dont François I erconfisqua tous les biens. Malgré cet accroissement, les manuscrits grecs, danscette bibliothèque, l’emportaient sur les livres français , dont le nombre n’étaitque de 70 volumes. Il faut attribuer cette préférence, moins au goût de ce roi,qui n’entendait pas le grec, qu’à celui de ses savants bibliothécaires, Guillaume Budé , Pierre du Chastel ou Chastellanus, Mellin de Saint-Gelais et Pierre de Montdoré .
Henri II , en 1556, d’après les insinuations de Raoul Spifame , rendit une ordon-nance qui serait devenue très-profitable si on l’eût observée. Elle enjoignit auxlibraires de fournir aux bibliothèques royales un exemplaire en vélin et relié detous les livres qu’ils imprimeraient par privilège. Les règnes suivants, temps depersécutions aveugles, durent avoir une funeste influence sur la bibliothèqueroyale. L’affreux cardinal de Lorraine fit emprisonner à la Bastille Aymar de Ran-çonnet, premier président de Paris , qui y mourut de douleur en 1559; et sa bi-bliothèque, confisquée, fut réunie à celle du roi. Pierre Montdoré, qui en étaitalors bibliothécaire, en conséquence de cette même persécution, fut, quelques