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et de dépenses, qui était un objet d’admiration pour tous les connaisseurs, fran çais et étrangers, fut, dans la nuit du 5 au 6 novembre 1831, enlevée en partie,dénaturée et réduite en lingot par Fossard, forçat évadé du bagne de Brest , etDrouillet, forçat gracié.
Au milieu de la salle se trouve un buffet chargé d’un grand nombre d’objetsprécieux, vases, statuettes, ustensiles divers. Des antiquités diverses et fort cu-rieuses sont déposées dans des armoires vitrées. Ces richesses proviînnent, en par-tie, delà collection de Caylus ou du trésor delà Sainte-Chapelle , ou de celui deSaint-Denis . Enfin, on voit aussi dans cette salle de très-belles armoires ayant ap-partenu à des rois de France ou à des personnages illustres.
Au-dessus du cabinet des médailles, il existe une salle qui contient une fortriche collection de vases antiques, de statuettes, de caisses à momies et d’autresantiquités. Enfin, au rez-de-chaussée, près l’entrée de la salle de lecture, on aréuni un certain nombre de statues et de bas-reliefs. C’est là que se trouve le fa-meux Zodiaque de Denderah. Un autre monument égyptien du plus haut intérêt,la chambre dite des rois à Kernac, rapporté par M. Prisse, a été disposé près dugrand escalier de la bibliothèque.
La Bibliothèque royale n’était, avant la révolution, ouverte que deux jours dela semaine ; aujourd’hui elle est ouverte tous les jours, depuis dix heures du ma-tin jusqu’à trois heures après midi, excepté les dimanches et fêtes, et le tempsdes vacances. On y fait des cours de langues orientales, d’archéologie et de diplo-matique.
bibliothèque des avocats. Un célèbre avocat consultant, Etienne Gabriau,sieur deRiparfond, légua en 1704 sa bibliothèque à ses confrères, et ajouta desfonds pour son entretien. On la plaça dans une galerie du bâtiment de l’avant-cour de l’Archevêché. Le 6 mai 1708, l’ouverture de cette bibliothèque se fitavec solennité. Les fonds légués n’étant pas suffisants, un arrêt du parlement du31 août 1722 augmenta d’un cinquième la somme de vingt livres qui se payait àla réception des avocats et procureurs, et attribua celte augmentation à l’entre-tien de cette bibliothèque. Un jour de chaque semaine, huit ou neuf avocats s’yrassemblaient, et y donnaient des consultations gratuites aux pauvres. Tous lesquinze jours, il s’y tenait des conférences sur des matières de jurisprudence. Cettebibliothèque était décorée des portraits de plusieurs avocats célèbres et de celuidu fondateur. La bibliothèque des Avocats fut, pendant la révoluticn, réunie àcelle de la ville; mais elle n’en fait plus partie maintenant. Elle est située au Pa-lais -de-Justice.
MANUFACTURE DES GOBELINS, ou Manufacture royale des Tapisseries de laCouronne, située rue Mouffetard , n° 270, presque à l’extrémité méridionale decette rue.
Dès le quatorzième siècle, dans le faubourg Saint-Marcel, et sur la rivière deBièvre, dont l’eau était, disait-on, très-propre à la teinture, il existait des dra-piers et teinturiers en laine. Un de ces teinturiers, nommé Jean Gobelin, y de-meurait en 1-450 : il s’était enrichi, ot avait fait de grandes acquisitions sur lesbords de cette rivière. Scs successeurs travaillèrent avec le même succès, etdonnèrent de la célébrité au nom de Gobelin, que le public appliqua au quar-