SOUS LOUIS X1 Y. 481
tier où se trouvait leur établissement, et même à la rivière de Bièvre qui le tra-versait.
Aux Gobelins succédèrent les sieurs Canaye , qui commencèrent, à ce qu’ilparaît, à fabriquer des tapisseries de haute lisse. Les Canaye furent, vers l’an1655, remplacés dans cette fabrique par un Hollandais appelé Gluck , et par unouvrier appelé Jean Liansen, qui excellait sur tous les autres. La beauté desouvrages qui sortaient de cette fabrique attira l’attention de Colbert ; il résolut,pour la perfectionner, de la mettre sous la protection spéciale du roi, et de l’em-ployer uniquement à son service. A cet effet il acheta, en 1662, toutes les mai-sons et jardins qui forment aujourd'hui le vaste emplacement des Gobelins, ety fil construire des ateliers et des bâtiments considérables pour les logementsîles plus habiles artistes qu’il y attira. Ce ministre fit, en 1667, rendre un éditqui procura un état stable à cet établissement, dont le célèbre Lebrun, pre-mier peintre du roi, eut la direction. Plusieurs salles ou galeries de cet établis-sement sont ornées de quelques figures en plâtre, de tableaux et de tapisseriesanciennes et modernes. Outre une école de dessin, destinée aux ouvriers, il sefait chaque année, dans cette manufacture, un cours de chimie appliquée à lateinture.
Le public est admis dans les salles et ateliers de cette manufacture, tous lessamedis après deux heures.
manufacture des glaces, située rue de Reuilly, quartier des Quinze-Vingts,au faubourg Saint-Antoine.
La France était tributaire de Venise , d’où elle tirait toutes ses glaces, lorsqueEustaclie Grandmont et Jean-Antoine d’Autonneuil obtinrent, le 1 er août 1654,le privilège de fabriquer des glaces et miroirs à Paris . Cette entreprise, qui n’étaitqu’une spéculation financière, languissait. En 1666, Colbert donna à cette manu-facture une consistance qu’elle n’avait jamais eue, l’érigea en manufacture royale,et fit construire les vastes bâtiments qu’elle a occupés jusqu’en 1830 dans la ruede Reuilly. En 1688, Lucas de Néhon inventa la manière de couler les grandesglaces : leur coulage s’exécutait à Saint-Gobain , d’où on les envoyait brutes àParis . Là, on leur donnait le poli et le tain.
aqueducs, fontaines et POMPES. J’ai parlé de trois aqueducs destinés à em-bellir les fontaines publiques et particulières de Paris , de l’aqueduc du pré Saint-Gervais , et de celui de Belleville . J’ai parlé de la pompe de la Samaritaine ;enfin, j’ai fait mention aussi de la construction de l’aqueduc d’Arcueil. Cestrois aqueducs et cette pompe ne pouvaient plus suffire à alimenter les fontainesexistantes; elles tarissaient de toutes parts par les vices de l’administration.Depuis l’an 1634, l’usage s’était établi de gratifier de quatre lignes d’eau chaqueprévôt des marchands et chaque échevin qui sortaient de charge. Ces généro-sités renouvelées faisaient tarir les fontaines. Alors l’administration révoquaitla plupart des concessions faites à des particuliers; puis on recommençait àfaire de nouvelles concessions, et même on établissait fastueusement de nou-velles fontaines, sans s’embarrasser si elles pourraient être alimentées. Aumois de mai 1669, on procéda à une nouvelle distribution des eaux de Paris ,
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