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Ire de la Comédie Française . Ce voisinage y attira plusieurs auteurs dramati-ques et autres gens de lettres : il devint le plus célèbre café de Paris . Cepen-dant les succès de Procope firent naître plusieurs établissements de ce genre. Lecafé de la Régence, situé sur la place du Palais-Royal, obtint une grande célébrité,surtout à cause des joueurs d’échecs qui le fréquentaient.
Ces établissements se multiplièrent, et sous le règne de Louis XV on encomptait plus de six cents à Paris . On fait aujourd'hui monter ce nombre à prèsde quatre mille.
spectacles. La scène française, protégée par le cardinal de Richelieu, avaitdéjà, sous le règne précédent, fait de grands et rapides progrès ; la tragédie,illustrée par Rotrou , et surtout par Corneille , atteignait, à quelques égards, leslimites de la perfection. Molière tira la scène comique de l’état d’obscurité oùelle avait toujours langui avant lui. Au grossières bouffonneries, aux farceslicencieuses succéda la vraie comédie, soumise à des règles certaines, la comédieà caractère.
Paris , sous le règne de Louis XIV , eut plusieurs théâtres : ceux de l'hôtel deBourgogne, du Palais-lloyal, du Petit-Bourbon, de la rue Guènégaud et de l’Opéra;mais ces théâtres ne servirent qu’à trois espèces de spectacle : les Français , lesItaliens et YOpcra. On va voir quels événements se rattachent à leur histoire.
théâtre de l’iiotel de bourgogne, situé rue Mauconseil. Les confrères de lal'ass’ou qui conservaient toujours sur ce théâtre leur prééminence et leurs an-ciens droits furent supprimés par un édit de 1677, et les revenus du théâtrefurent unis à l’Hôpital-Général, pour être employés à la nourriture et à l’entretiendes enfans trouvés.
A partir de 1659, ce théâtre fut occupé par une Iroupe italienne. Dans cettetroupe, deux acteurs se firent une réputation distinguée : Tiberio Fiorelli , sur-nommé Scaramouche ( 1), et Dominique, qui remplissait les rôles A’Arlequin.Scaramouche, arrivé à Paris , fut présenté à Louis XIV ; dès qu’il fut en présencedu jeune prince, il laissa tomber son manteau, et parut en costume de sonpersonnage, avec son chien, son perroquet et sa guitare. Alors, s'accompagnantde cet instrument, il chanta deux couplets italiens, où son perroquet et sonchien, qu’il avait dressés, firent leur partie. Cet étrange concert plut beaucoupau roi, qui conserva pour Scaramouche une sorte d’affection. Depuis, cet acteurdevint à la mode.
L’arlequin Dominique, plus instruit et plus considéré que son confrère Scara-mouche, excellait dans ses rôles. Sous le masque il brillait par des traits d’esprit,île nature], d’originalité, et par une gaîté qu’il communiquait facilement auxspectateurs. Hors du théâtre, c’était un autre homme : il se montrait sérieux etmême mélancolique : cette alternative de caractère a été souvent remarquée dansceux qui font profession d’amuser les autres.
Les Italiens jouaient des pièces françaises; les comédiens nationaux préten-dirent qu’ils n v en avaient pas le droit. Le roi voulut être le juge de ce diffé-
(1) Le Scaramouche ' devait être Napolitain; le Pantalon , Vénitien; le Docteur, Bolonais; VArle-quin, ainsi que le Metetin, devaient être nés dans la Lombardie .