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très-vaste fut, sous Louis XIV , nommé hôtel de Nevers, puis hôtel de Conti, surl’emplacement duquel fut construit, en 1771, l’hôtel des Monnaies. Le 1 er juillet
1669, on ordonna la continuation de ce quai jusqu’à la rue du Bac. — En l’année
1670, on construisit le mur de terrasse du quai des Quatre-Nations , mur décoréde sculptures et des emblèmes et armoiries du cardinal Mazarin.
Les quais des Orfèvres et de l’Horloge n’existaient point en 1666. Us ne furentconstruits que trois années plus tard.
Le quai Le Pelletier, qui du pont Notre-Dame conduit à la place de Grève, était,avant sa construction, occupé par des teinturiers et des tanneurs qui furentobligés, par un arrêt du 24 février 1673, d’aller s’établir au faubourg Saint-Marcelet à Chaillot. Un autre arrêt, du 17 mars suivant, porte qu’il sera établi sur cetemplacement un quai qui fera la prolongation du quai de Gèvres. Claude Le Pelletier , alors prévôt des marchands, fit commencer aussitôt les travaux, quifurent terminés en 1675. Ce quai, construit d’après les dessins de Pierre Bullet ,était suspendu sur le bord de la Seine et soutenu par des piliers. Il a été recon-struit en 1830. — La construction du quai de la Grenouillère , aujourd'hui quaid’Orsay, fut ordonnée en 1704.
Sur le quai de l’École étaient deux ponts, l’un sur le canal qui conduisait leseaux de la Seine dans les anciens fossés de la ville comblés depuis longtemps,et qui, au commencement du règne de Louis XIV , servait de route à un abreu-voir. L’autre pont, plus éloigné du centre de la ville, était dans l’alignement del’ancienne façade du Louvre, du côté de Saint-Germain-l’Auxerrois. Il couvraitle canal par lequel les eaux de la Seine communiquaient aux fossés dont lechâteau du Louvre était entouré.
En 1665, il fut permis aux sieurs de Bellefonds et de Pertuis d’établir deuxports sur la Seine , l’un entre le pont de la Tournelle et la forteresse de ce nom,le second entre la porte Saint-Bernard et le pont établi à l’endroit où la rivière deBièvre se jette dans la Seine . Ces ports, construits en 1669, furent l’origine duPort-au-Vin. La Halle au Vin, établie en 1662 dans le voisinage de ces ports, àl’angle de la rue des Fossés-Saint-Bernard et du quai de ce nom, leur donna uneconsistance durable.
accroissement de paris . Cette ville contenait tous les mobiles propres à sonaccroissement : elle était la résidence de la cour, source de fortune et de pou-voirs. L’ambition y attirait la richesse, et celle-ci l’industrie, le commerce ettout ce qui les accompagne ; les magistratures souveraines y faisaient affluer,d’une grande partie de la France , les clients, les plaideurs et les témoins; lesécoles nombreuses et plus distinguées qu’autrefois, les étudiants de touteespèce, les immenses dépôts littéraires, les académies, les bibliothèques, les ca-binets curieux, y appelaient les savants et les amateurs ; la magnificence desédifices, des places, des jardins, les fêtes, les spectacles, les jeux et plusieursjouissances faciles, en y augmentant la consommation, accroissaient le nombredes individus qui en tiraient leur existence. Les monastères, dont le nombres était si prodigieusement accru sous les règnes de Louis XIII et de Louis XIV ,occupaient une grande portion de la superficie de cette ville. Cette magnificence,ces plaisirs, ces raretés, ces établissements, presque tous accrus ou nouvelle'
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