leurs père et mère. Un arrêt du conseil d’État, du 3 novembre 1664, oblige lesparenls à garder dans leurs maisons leurs enfants convertis ; et un nouvel arrêtdu 24 octobre 1665 contraint les pères à fournir à ces enfants convertis unepension proportionnée à leurs facultés. La persécution devint encore plus graveet porta de nouvelles atteintes à la morale publique. Un arrêt du conseil d’Étatdu 11 janvier 1663 avait déchargé les nouveaux convertis des dettes qu’ilsavaient contractées envers les protestants; un autre arrêt du même conseil,du 4 septembre 1666, consacra la même iniquité. Une foule d’édits avaient déjàrestreint de beaucoup la liberté du culte protestant ; mais l’édit qui révoqua celuide Nantes , en 1684, détruisit la pratique du protestantisme en France . Maisce n’était là que le commencement de la persécution. Le 22 octobre 1685 parutune nouvelle ordonnance qui enjoignait aux ministres de sortir de France ,dans la quinzaine. Deux ans après, une nouvelle déclaration du roi leur défenditde rentrer en France sous peine de mort, et porta la peine des galères perpé-tuelles contre les personnes qui leur donneraient asile; on mit même leur tête àprix. Les protestants qui avaient des fonctions publiques avaient été forcés des’en démettre ; ceux qui avaient obtenu des lettres de maîtrise en furent privés ;il leur fut interdit de prendre des grades dans les facultés, on démolit leurstemples, on supprima leurs hôpitaux ; aux rigueurs on joignit la séduction. Dessommes furent offertes pour aider le clergé à convertir les réformés, et commesi ce n’était pas assez, on leur défendit de les réunir, et une déclaration duroi, du 12 janvier 1685, ordonne que les enfants des protestants seront, depuisl’àge de cinq ans jusqu’à celui de seize, enlevés à leurs père et mère, et misentre les mains de leurs parents catholiques, s’ils en ont; et, s’ils n’en ont pas,qu’ils seront placés chez les personnes catholiques désignées par les juges; enfin,que les pères et mères seront tenus de leur payer une pension. La persécution,en un mot, fut organisée sous toutes les formes, revêtit tous les caractères d’in-tolérance, et fut sévère jusqu’à la férocité.
Dans un tel état de choses, la fuite était en effet le seul parti qu’ds eussent àprendre, et c’est aussi le parti que prirent beaucoup d'entre eux. Une centainede mille hommes, les mieux avisés ou les plus riches, n’attendirent pas les der-niers excès de la persécution : ils quittèrent la France avec une grande partiede leur fortune ; mais ce fut le petit nombre. Alors le gouvernement, qui redou-tait le progrès de ces exemples, se hâta de leur opposer des obstacles. Une dé-claration du 24 mai 1686 porte, en effet, que les nouveaux catholiques qui sorti-ront du royaume seront, quant aux hommes, condamnés aux galères perpétuel-les ; et, quant aux femmes, rasées et emprisonnées pendant le reste de leur vie.Mêmes peines prononcées contre ceux ou celles qui auraient facilité leur évasion.
La France , privée d’un grand nombre d’habitants laborieux, vit bientôt soncommerce et son industrie ruinés; et elle supporta avec peu de succès uneguerre que fit à Louis XIV , persécuteur du protestantisme, la ligue des princesqui professaient cette religion.
privilèges de paris . Les Parisiens n’obtinrent jamais des rois de France aucune charte de commune ou de franchise. Quelques rois accordèrent, deloin en loin, certains privilèges à cette ville, notamment la magistrature du