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SOUS LOUIS XIV .les cours des Miracles purifiées ef les malfaiteurs moins nombreux. Cependant,sous la fin de la lieutenance de ce magistrat, soit par sa négligence, soit par lacorruption de ses agents, on vit renaître tous les désordres du temps passé.
En 1697, le sieur d’Argenson fut nommé à la place du sieur de La Reinie.D’Argenson était sévère, dur, despote; et sa figure, qui inspirait l’épouvante,convenait parfaitement à la sévérité de ses fonctions. Le peuple, dont il étaitredouté, lui donnait les noms de damné, de perruque noire, de juge des enfers.U travaillait facilement et beaucoup, et montra en diverses occasions difficilesune grande énergie. Il organisa la police sur un plan plus vaste, multiplia con-sidérablement le nombre des espions. Sa surveillance, sa sévérité, ne purentcependant arrêter les désastres d’un fameux chef de brigands nommé Cartouche,qui, à force de ruses, échappait à toutes les poursuites, et, par ses vols et sesmeurtres, était, l’effroi des Parisiens . La gloire de l’arrêter fut réservée au succes-seur de d’Argenson, à M. Hérauld, qui fit saisir Cartouche dans un cabaret de laCourtille. Cartouche, condamné à mort, fut, en 1721, rompu vif.
pompes A incendie Ce fut pendant que le sieur d’Argenson dirigeait la police,que, pour la première fois, on mit en usage à Paris les pompes contre les incendies.
Le sieur Dumouriez de Feriez avait fabriqué des pompes d’après les modèlesqu’il avait vus en Allemagne et en Hollande, lorsqu'on 1705 le feu ravagea l’é-glise du Petit-Saint-Antoine, et quelques maisons du voisinage. Pour l’éteindre,on employa ces machines avec succès. Cette même année, on avait acquis vingtpompes qui furent distribuées dans les vingt quartiers de Paris. En 1716, onavait établi seize autres pompes, et l'on avait commis trente-deux hommesexercés à ce service pour les mettre en activité. En 1722, de ces trente-six pom-pes il n’en restait que treize. Le roi ordonna qu’il en serait établi seize autres,et que soixante hommes exercés, vêtus d’habits uniformes, en feraient le service.Telle fut 1’ origine de l’utile établissement des pompes à incendie et du corps despompiers. Nous aurons occasion d’en parler dans la suite.
état civil des piiotestants. Depuis le commencement du règne de Louis XIV jusqu’en 1660, on ne s’occupa des protestants que pour ramener dans les li-mites prescrites par l’édit de Nantes celles 'de leurs églises qui s’en étaient écar-tées. On avait cependant employé la séduction pour entraîner quelques mi-nistres dans le catholicisme, pour convertir des enfants malgré leurs père etmère protestants. Un arrêt du conseil d’Etat du roi, en 1661, autorisa leclergé catholique à tenter de convertir les garçons à quatorze ans et les fillesa douze ans. Ces enfants, prétendus convertis, pouvaient se marier sans le con-sentement de leurs père et mère; et un arrêt du parlement de Paris, de 1663,décida que, malgré ce défaut de consentement, les enfants ne peuvent encou-rir 1 exhérédation. Les convertis qui retournaient à la religion de leurs pèressont, en avril 1663, menacés de toute la rigueur des ordonnances; et, le 20 juin1664, une déclaration du roi prononce contre eux la peine des galères à perpé-tuité; une autre, du 13 mars 1679, les condamne en outre à l’amende honorableet à la confiscation de tous leurs biens.
La rigueur de la persécution allait toujours croissant. En convertissant les en-fants par séduction, ou les avait mis en opposition, en état de guerre contre