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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

Au mois de novembre 1764, un édit du roi décida l’expulsion générale et défi-nitive des jésuites. Dès lors cessèrent les troubles, les iniques et longues persécu-tions dont ils étaient les auteurs; dès lors cessa la fureur des convulsions, ou dumoins ce qu’il en resta fut imperceptible; dès lors s’évanouit la tyrannie qu’ilsexerçaient sur les consciences en exigeant des billets de confession, ainsi quecette puissance occulte et colossale qui dominait les rois, leurs conseils, la plu-part des magistrats et la nation, ou qui aspirait à les dominer.

Cependant les jésuites ne perdirent pas l’espoir d’être rétablis en France avectous leurs privilèges; ils y avaient laissé des partisans zélés et très-puissants. Lepape Clément XIII était aussi leur appui ; il ordonna leur rétablissement par unebulle que le parlement supprima. Ils furent presque en même temps chassés duPortugal dont ils avaient tenté, en 1758, d’assassiner le roi; ils furent chassés detous les Etats de l’Europe ; ils furent même chassés, en 1773, des États du papeClément XIV (Ganganelli ), qui, le 16 août de cette année, fit arrêter leur fameuxgénéral Ricci.

Repoussés sous le nom de jésuites, ils cherchèrent à s’insinuer en France ,en renonçant à leur nom, et en se cachant, en 1775, sous celui de Cordicoles oudu Sacré Cœur de Jésus, et en 1777, sous celui de Frères de la Croix. Ils ontdepuis fait plusieurs autres tentatives, notamment en 1806, et employé plusieursautres déguisements qui n’ont pas été plus heureux; enfin ils parvinrent plustard, à la faveur d’un autre gouvernement, à se glisser furtivement en France età Paris , et à y former quelques établissements sous la dénomination de Pères dela foi.

ÉTABLISSEMENTS RELIGIEUX.

Pendant les règnes de Louis XIII et Louis X1Y, Paris , qui contenait déjàun très-grand nombre d’anciens monastères, fut surchargé d’environ cent septcommunautés religieuses d’hommes ou de femmes; dans ce nombre ne sontpoint compris divers autres établissements, comme chapelles, églises parois-siales, écoles chrétiennes, ni les maisons mixtes, religieuses et séculières. Sousle règne de Louis XV, la moitié au moins de la surface de Paris était occupéepar ces nombreux monastères et leurs vastes enclos. Cet excès de plénitude,et la nécessité où l’on se trouva de recourir à la ressource des loteries poursoutenir ces couvents endettés et sans moyen de subsistance, refroidit beau-coup le zèle qu’on avait montré sous les règnes précédents. 11 n’y eut doncqu’un petit nombre de communautés établies à Paris , mais elles avaient un bututile (1).

saint-pierre du gros caillou, église paroissiale située rue Saint-Dominique,quartier du Gros-Caillou, n° 58. Ce quartier dépendait de la paroisse Saint -

(1) Nous citerons les Filles de Sainte- Marthe, rue de la Muette, n° 10, qui ont été remplacéespar les Sœurs de Saint-François; les Filles de Saint-Michel, pour les femmes repenties, rue desPostes, n° 38; les Orphelines du saint Enfant-Jésus, rue des Postes, au coin du cul-de-sac des Vi-gnes, n° 3, pour l’instruction des jeunes enfants orphelins, et la communauté des Filles de VEnfant-Jésus, rue de Sèvres, n° 3, qui a eu diverses destinations charitables.