Sulpice. La grande distance qui se trouvait entre l’église et les paroissiens fitsentir la nécessité d’établir une église succursale ; mais des obstacles imprévus,et surtout des intérêts particuliers, vinrent s’opposer à l’exécution du projet. Leshabitants du Gros-Caillou ne se découragèrent pas ; ils obtinrent, en février 1737,des lettres patentes qui les autorisaient à faire, pendant trois ans, une quêtedont le produit devait être destiné aux frais de la construction d’une chapelle, del’acquisition des vases sacrés et ornements, et des honoraires du prêtre desser-vant; enfin, l’emplacement fut béni en 1738, et l’édifice construit dans la mêmeannée. Cet édifice, élevé avec précipitation, et dont l’étendue était insuffisante,fut, en 1775, rebâti sur un plan plus vaste et sur les dessins de M. Chalgrin. Cetteconstruction fut vendue et démolie pendant la Révolution. En 1822 , on aréédifié sur le même emplacement une nouvelle église, d'après les dessins deM. Gordon.
église de salvte-geneviève, en 1791 érigée en panthéon, située sur le pla-teau et sur la place de ce nom.
La vieille église Sainte-Geneviève était insuffisante au grand nombre des fidè-les qui venaient y prier. Un procureur des chanoines réguliers de cette église,nommé Féru, imagina de la faire réédifier; il s’adressa à M. de Marigny, récem-ment nommé surintendant des bâtiments, et parvint à lui persuader qu’une pa-reille construction illustrerait son nom et donnerait de l’importance à son admi-nistration. M. de Marigny adopta son projet; mais la pénurie des finances semblaits’opposer à l’exécution de cette entreprise. On se rappela que les frais de la con-traction du portail de Saint-Sulpice avaient été faits par les bénéfices d’une lote-rie ; on ne craignit pas de recourir à cette ressource, et on augmenta de 4 sousle billet de 20 sous ; les 4 sous de cette augmentation furent employés à la con-struction du nouvel édifice de Sainte-Geneviève, et produisirent environ 400,000livres par an.
De tous les édifices modernes, celui-ci est certainement le plus magnifique.U fut commencé, en 1757, sur les dessins et sous la conduite de J.-G. Soufjlot.Des travaux préparatoires, le comblement de plusieurs puits rencontrés sousl’espace destiné à recevoir les fondations, et l’affermissement du sol, prirentbeaucoup de temps; et ce ne fut que le 6 septembre 1764 que Louis XV vintsolennellement poser la prétendue première pierre de l’édifice, ou plutôt d’undes piliers du dôme. Pour donner au roi et au public une idée de ce futur édi-fice, l’architecte fit élever une charpente recouverte de toile, sur laquelle le sieurde Machy peignit le portail.
Le plan de l’édifice qui nous occupe est une croix grecque, formant quatrenefs qui se réunissent à un centre où est placé le dôme. L’architecte avait leprojet de rendre ces nefs égales en longueur ; mais les convenances du culteactuel 1 obligèrent à prolonger la nef d’entrée et celle du fond, à faire à son pre-mier plan des changements peu avantageux ; à substituer aux extrémités de cesdeux nefs des arcades au lieu de colonnes, et à flanquer la nef du fond de deuxtours cari ées destinées à contenir des cloches. La façade principale, où l’on a pro-digué les richesses de l’architecture, se compose d’un perron élevé sur on/e mar-ches, et d un porche en péristyle, imité du Panthéon de Rome ; elle présente six