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colonnes de face, et en a vingt-deux dans son ensemble, dont dix-huit sont iso-lées et les autres sont engagées. Toutes ces colonnes sont cannelées et de l’ordrecorinthien. Les feuilles d’acanthe des chapiteaux sont d’un travail très-précieux,mais les profils sont loin de la pureté des beaux modèles de l’antiquité. Ces co-lonnes supportent un fronton dont le tympan, dans l’origine, représentait, enbas-relief, une croix entourée de rayons divergents et d’anges adorateurs, sculp-tés par Coustou.
Après la mort de Mirabeau, l’Assemblée nationale, par son décret du 4 avril1791, changea la destination de cet édifice, et le consacra à la sépulture des Fran-çais illustrés par leurs talents, leurs vertus et leurs services rendus à la patrie.Les administrateurs du département de Paris chargèrent le sieur Antoine Quatre-mère de la direction des changements à opérer pour transformer ce temple enPanthéon français . Ce savant remplit dignement les espérances de l’administra-tion. Tous les signes qui caractérisaient une basilique de chrétiens furent rempla-cés par les symboles de la liberté et de la morale publique, La frise porta cettebelle inscription en grands caractères de bronze, composée par M. Pastoret : auxGRANDS HOMMES LA PATRIE RECONNAISSANTE.
Le bas-relief du fronton était l’ouvrage du sculpteur Moitte, il fut remplacélui-même plus tard, lorsque la destination de l’édifice fut de nouveau changée.Le nouveau bas-relief qui décore actuellement le fronton du Panthéon , est unouvrage de M. David d’Angers. Ce sculpteur a représenté la Patrie, accompagnéede la Liberté et de l’Histoire, qui distribue des couronnes aux grands hommes dela France monarchique et républicaine, aux maîtres de la pensée comme auxguerriers illustres. Dans les angles on aperçoit des jeunes gens en costumes mili-taires, se livrant à l’étude. C’est là un des ouvrages de sculpture les plus impor-tants exécutés à notre époque.
La face de l’édifice sous le porche était d’abord percée par trois portes qui,ouvertes jusqu’en 1791, furent bouchées en 1806, et rouvertes depuis; celle dumilieu, la plus élevée, forme avant-corps. Je ne parle point des précieuses décora-tions de leurs chambranles. Au-dessus de ces portes on plaça cinq bas-reliefs re-ligieux, sculptés par Bovet, Julien, Dupré, Boizot et Houdon . Après le décret de1791, qui changea la destination de cet édifice, les sujets des cinq bas-reliefs re-çurent un autre caractère. On y voyait les Droits de l’homme, par Boichot; l’Em-pire de la Loi , par Fortin; la nouvelle Jurisprudence par Rolland; le Dévouementpatriotique , par Chaudet; Y Instruction publique, par Lesueur. Ces bas-reliefs, quifurent enlevés en 1822, étaient accompagnés de divers groupes déposés, en 1806,dans la cour du collège Henri IV .
L’intérieur de cet édifice se compose, comme i! a été dit, de quatre nefs quiaboutissent au dôme. Chacune de ces nefs est bordée de bas-côtés; un rangde trente colonnes corinthiennes en marque la séparation. Ces péristylessupportent un entablement dont la frise est enrichie de festons, formés par desrinceaux et des enroulements, découpés en feuilles d’ornement. Au-dessus del’entablement est une balustrade. Les plafonds des nefs et de leurs bas-côtés sefont remarquer par le goût et l’élégante simplicité de leurs dessins. Ces nefsétaient éclairées par des croisées placées dans chaque entre - colonnement.