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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LOUIS XV .niants. On remarquait, parmi ces précieux objets, -deux chandeliers d’égliseentièrement en or, émaillés, enrichis de deux mille cinq cent seize diamants, etqu’on a estimés valoir deux cent mille livres. On comptait sur les burettes,pareillement d’or émaillé, douze cent soixante-deux diamants. — Une autrearmoire contenait une partie des présents qu’en 1740 fit à Louis XV SaidMéhémet, ambassadeur de la Porte. Ces présents consistaient en'un caparaçonde drap écarlate, brodé d’or, d’argent, et de soie, et enrichi de perles ; en uneselle de velours cramoisi, brodée en or et en argent, chargée d’éméraudes, dediamants et de rubis; en deux sangles d’un tissu d’or, ornées de perles ; en unpoitrail accompagné d’une pomme d’or, avec des ornements d’or émaillé dediverses couleurs, et enrichis de diamants. Le reste de ces présents se composaitd’étriers, de pistolets, de fusils et de leurs fourreaux, et de plusieurs autresarmes d’une richesse extraordinaire. Dans deux autres armoires étaient les pré-sents du dey de Tunis, et ceux faits à Louis XVI par Tipoo-Saïb. L’objet le plusestimé de cette salle était la nef d’or, ouvrage de l’orfèvre Balin, et qu’on servaità la table du roi dans les grandes solennités. Cette nef, portée par quatre sirènes,était ornée de plusieurs diamants, et pesait cent six marcs. En 1791, elle futestimée à trois cent mille livres. À toutes ces curiosités, nous devons joindreles Diamants de la couronne, renfermés dans une commode d’une des salles duCarde-Meuble. L’assemblée nationale législative, par son décret du 26 mai 1791,ordonna qu’il serait fait un rapport sur ces diamants et sur tous les objetscontenus dans cet édifice, nomma une commission qui en fut chargée etcéda à la famille régnante le vaste mobilier de la couronne estimé 15 ou 20millions (1).

Dans la nuit du 16 au 17 septemble 1720, il s’effectua un vol considérabledans le Garde-Meuble : presque tous les diamants, au nombre desquels étaientle Sanci et le Régent, furent enlevés par une troupe nombreuse de voleurs; plu-sieurs furent pris ou tués sur le coup, les autres furent arrêtés ensuite, et onfinit par recouvrer la plupart des objets volés. Sous Napoléon , le bâtiment duGarde-Meuble fut destiné au ministère de la marine et des colonies. Alors onéleva sur le comble du bâtiment un télégraphe qui correspond à la ville deBrest.

eaux et fontaines de paius. Sous ce règne, l’administration des fontainesprésenta les vices et les abus que nous avons signalés pendant les règnes précé-dents. On en construisit plusieurs, même avec luxe : mais elles ressemblaientà des cadavres qui n’avaient que les formes de l’existence. Les Parisiens de-mandaient de l’eau, et on leur offrait des pierres arides artistement disposées.

(1) Voici un extrait du rapport fait, le 28 septembre suivant, par M. Delattre, député, un desmembres de cette commission. Suivant un inventaire fait en 1774, le nombre des diamants s’élevaitalors à 7,482, sans y comprendre un certain nombre que le roi fit vendre, depuis 1784, pour lasomme de 75,050 livres; sans y comprendre un article de cet inventaire, qui fut retiré, par auto-risation du roi, le 13 mars 17S5. Cet article, composé d’un nombre indéterminé de diamants et derubis, fut employé à une parure pour la reine.

Depuis l’an 1784, le roi, à diverses reprises, fit vendre 1,471 diamants; il en acheta, dans la mêmeannée, 3,536 pour compléter la garniture de ses boutons et de son épée ; mais les diamants achetés nevalaient pas les diamants vendus. En outre, cette collection se composait de 230 rubis, de 71 topazes,de 150 émeraudes, de 134 saphirs, de 3 améthystes orientales, et autres pierres de moindre valeur.