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C’est alors cependant qu’ôn iit bâtir la fontaine de l’abbaye de Sain t-Germain -des-Prés, au coin de la rue Childebert, outre celle des Blancs-Manteaux , qui datede 1719, et | lusieurs autres moins importantes ; c’est alors, dis-je, qu’on a bâti àgrands frais celle de la rue de Grenelle-Saint-Cermain.
Sa façade s’élève sur un plan demi-circulaire; elle a 15 toises d’étendue et6 toises de hauteur. Elle se compose d’un soubassement à refends, qui, au centre,forme un avant-corps, sur lequel est une figure en marbre, assise et couverted’une draperie : c’est la représentation de la ville de Paris . — A ses deux côtéssont, à demi-couchées, des figures de rivières; l’une représente la Seine , etl’autre la Marne . Derrière ce groupe, l’avant-corps est décoré de quatre colonnesioniques couronnées par un fronton ; au centre de ces colonnes est une table demarbre chargée d’une inscription. Aux deux côtés de cet avant-corps se présententune ordonnance de pilastre ioniques et quatre niches où sont placées les statuesallégoriques des Saisons, au-dessous desquelles on voit des bas-reliefs sur destables renfoncées. Ce monument a été composé et exécuté en entier par EdmeRouc.liardon. Celte fontaine fut achevée en 1739. Pendant de longues années ellea mérilé la qualification de trompeuse; elle promettait de l eau qu’elle ne donnaitpas : ce n’est, que depuis l’établissement des pompes à feu qu’elles s’est animéeet a cessé d’être stérile : elle fournit aujourd’hui les eaux de la pompe du Gros-Caillou.
Je dois citer encore la fontaine du Recjard-Saint-Jcan, bâtie en 1748 au coindelà rue Neuve-Notre-Dame ; celle du Diable, établie en 1759, à l’angle desrues Saint-Louis et de l’Échelle, et enfin celle du Marché Saint-Jean qui datede 1768.
exposition publique UES tableaux dans le grand salon du Louvre.
Les arts d’imitation tombaient dans la barbarie ; les membres de l’Académiede peinture et de sculpture le sentirent ; et, pour les arrêter dans leur chute, ilsimaginèrent d’exciter l’émulation parmi les artistes, en faisant exposer leursouvrages, et en les soumettant au jugement du public. Déjà on était autorisé parl’exemple de quelques expositions faites sous Louis XIV .
La première des expositions qui eurent lieu dans le salon du Louvre, parordre du roi et du sieur Orry, directeur-général des bâtiments, ne fut pas delongue durée : elle commença le 18 août 1737, et finit le 1 er septembre suivant.On voit dans le livret qui parut en cette année, sous le titre d’ Explicationdes peintures et sculptures, qu’il n’y avait que deux cent vingt articles. Les seulsmembres de l'Académie avaient droit d’y exposer. D’abord l’exposition futannuelle ; mais, étant peu considérable, on arrêta, en 1745, quelle n’aurait lieuque tous les deux ans. Cet ordre de choses s’est maintenu jusqu’au temps de larévolution.
La révolution fut, plus qu’on ne pense, favorable aux arts : un décret du21 août 1791 autorise tous les artistes français et éirangers à participer auxexpositions. L’étendue du salon devint alors insuffisante, et les productions desartistes envahirent toutes les pièces aboutissant à ce salon : les salles qui leprécèdent, la galerie d’Apollon tout entière, et une partie de la grande galeriedu Louvre. En 1796, l’abondance des objets exposés obligea le gouvernement