plus jouer que des pantomines. Ce genre de spectacle, qui attirait beaucoupde spectateurs, fut supprimé sur la plainte des comédiens français , en 1718. Il sereleva en 1724, se maintint jusqu’en 1745, époque où il fut encore puni de sessuccès. En 1751, ce spectacle reparut et acquit une grande vogue sous la directionde Jean Monet.
En 1765, Monet publia un recueil de chansons, intitulé Anthologie française ; ilavait pris pour épigraphe ces trois mots latins : Mulcct, movet, monet. Ces motslui parurent si heureux qu’il en fit la devise de son théâtre. Ce spectacle forain, quides boulevarts passait à la foire Saint-Germain, obtint assez de consistance pourmériter d’être réuni, en 1762, aux comédiens privilégiés, dits les Italiens. Depuis,la comédie purement italienne, qui se jouait à certains jours de la semaine ne putse soutenir, malgré le talent des arlequins Thomassin et Carlin , et perdit insensi-blement faveur. Le genre de l’Opéra-Comique prévalut, et, en 1780, il domina seulsur ce théâtre, qui fut abandonné par les Italiens.
ambigc-comiqde, théâtre situé boulevart du Temple, n ns 74 et 76. Le sieur Audinot, un des acteurs de la troupe des Italiens, se trouvait sans emploi. Après plu-sieurs tentatives pour mettre ses talents à profit, il éleva, au mois de février 1759,un théâtre à la foire Saint-Germain, et y attira beaucoup de monde. Il fit construiresur les boulevarts une petite salle dont l’ouverture eut lieu le 9 juillet suivant. Cespectacle, dont les acteurs étaient des marionnettes, fut nommé les comédiens debois. Audinot obtint des succès qui le mirent à même de faire bâtir une jolie sallede spectacle sur le boulevart du Temple, et, au lieu de marionnettes, on y fit jouerdes enfants. Ce spectacle nouveau attira la foule, au préjudice des comédiensfrançais , qui élevèrent des plaintes fréquentes contre le théâtre d’Audinot. En1768, une sentence de police lui ordonna, ainsi qu’aux autres spectacles fora ns,de ne jouer que des bouffonneries et des parades — A l’exemple de Monet , Audi-not donna à son théâtre cette devise latine où se trouvait son nom : Sicut infantesaudi nos.
Tout Paris courait au théâtre d’Audinot ; celui de l’Opéra était désert ; les admi-nistrateurs de ce dernier spectacle, jaloux de ses succès, parvinrent à obtenir, à lafin de l'année 1771, un arrêt du conseil qui réduisait l’Ambigu Comique à l’état despectacle de la dernière classe. On lui retrancha la plus grande partie de son or-chestre, on lui interdit les danses, etc., ce qui occasionna une rumeur considéra-ble. Peu de jours après, il fut convenu que le théâtre d’Audinot recouvrerait tout cequ’on lui avait retranché, et qu’il payerait une contribution de 12,000 livres à l'O-péra. — Les pantomimes à grand spectacle caractérisèrent particulièrement cethéâtre. Aujourd’hui on y joue quelques vaudevilles et tout ce qu’il y a de plusterrible en fait de mélodrame.
théâtre de nicolet ou de la gaîté, situé boulevart du Temple, n os 68et 70. Ce théâtre s’établit, en 1760, dans les foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent. On y représentait des danses, des tours de force et des danses sur lacorde. Les gentillesses du singe de Nicolet, et les traits licencieux dont ses piècesétaient assaisonnées, attirèrent une grande affluence à ce spectacle, et excitèrentla jalousie dts directeurs de l’Opéra, qui, en 1769, firent interdire la parole auxacteurs de Nicollet, et les réduisirent à jouer des pantomimes; mais cet ordre ne
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