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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

de vasles cours et bâtiments destinés au service de XOpéra. Les bâtiments con-tenaient des magasins de machines, de décorations, et un théâtre où se faisaientles répétitions des pièces qui devaient être jouées sur celui de l’Opéra. Sous Na-poléon , cet hôtel a reçu une autre destination: on y aplaçéle Conservatoire deMusique, aujourd’hui nommé École royale de Musique et de Déclamation.

tiiéatke d s italiens, situé dans l’ancien hôtel de Bourgogne, rue Mau-conseil, et sur remplacement du marché aux cuirs. Louis XIV avait, en 1697,expulsé les comédiens italiens; en 1716, le duc d’Orléans, régent, en rappelad’autres qui s’établirent dans l’ancien hôtel de Bourgogne. Ce théâtre oftrait unmélange de scènes chantantes et bouffonnes, de langage français et italien .Parmi les acteurs, on distinguait d’abord Antoine Yinentini, célèbre sous lenom de Thomassin, qui, pendant près de quarante ans, amusa les Parisiens par ses rôles d’Arlequin, où il faisait briller des saillies spirituelles et piquantes.Charles Berlinazzi, plus connu sous le nom de Carlin , lui succéda, et mon-tra des talents pareils. Le célèbre acteur anglais Carrick voulut les con-naître, et les admira. Carlin mourut en 1783. Parmi les autres acteurs, fran-çais d'origine, on distinguait La Ruelte, Caillot, Clairval, qui jouaient lesamoureux : ce dernier passa de l’Opéra Comique aux Italiens; Audinot, quipeignait les mœurs de la classe inférieure du peuple, et qui depuis fut directeurd’un théâtre forain.

Madame Favard était célèbre par ses talents d’actrice, par son esprit et parses liaisons avec l’abbé de Voisenon, qui, si l’on en croit la malignité publique,fut l’auteur d’une partie des pièces qu’elle publiait sous son nom ou sous celuide son mari. Elle fut longtemps l'héroïne delà comédie italienne ; elle y avaitdébuté en 1749; elle mourut en 1772. Le théâtre des Italiens, qui jouissait desprivilèges accordés aux comédiens du roi, fut, après de longs délais et de gravesdiscussions, réuni en 1762 à celui de l’Opéra Comique . Ces deux troupes réuniesattirèrent la foule : leur spectacle fut le plus fréquenté de Paris . En 1780, iln’y eut plus d’Italiens dans cette troupe, qni cependant continua de porter lenom de Comédie Italienne.

Les comédiens italiens, en 1783, quittèrent l’ancienne salle de l’hôtel de Bour-gogne, pour occuper celle qui fut bâtie sur le boulevard des Italiens, dont je par-lerai dans la suite.

opéiia-lo.iiiçhie. Ce n’était qu’un spectacle forain, établi sur les boulevardsdu nord et à la foire de Saint-Germain. Son origine remonte à l’an 1714. Cettetroupe, qui avait éprouvé beaucoup de persécutions de la part des théâtres supé-rieurs, et qui, pour échapper à leur tyrannie, opposait toujours de nouvelles ruses,obtint en cette année le titre d’ Opéra-Comique ; et l’Académie de Musique lui ac-corda la permission de jouer de petites pièces en vaudeville, mêlées de danses,à condition qu’aucune parole n’y serait proférée qu’en chantant.

Ce spectacle, conforme au goût du temps, offrait des scènes gracieuses, spi-rituelles ou bouffonnes, qui ravissaient la multitude. Le Sage, Fuzelier etDor-neval, auteurs des plus jolies pièces de ce théâtre, firent sa fortune : les comé-diens français , jaloux de sa prospérité, se prévalurent de leurs privilèges, etparvinrent à ôter la parole aux acteurs de l’Opéra-Comique, Ceux-ci ne purent