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Los prêtres de la Mission, qui avaient succédé aux religieux de Saint Lazare, con-sacrèrent, en 1061, pour le champ de foire, un emplacement de cinq arpents en-touré de murs, où ils firent construire des boutiques, loges et salles, et percer desrues bordées d’arbres. Cette foire durait trois mois : depuis le 1 er juillet jusqu’au30 septembre. Néanmoins, soit parce quelle était trop éloignée du centre de laville, soit par d’autres causes ignorées, elle fut insensiblement abandonnée, etn’existait plus en l’année 1789.
.l’ai dit que les masques d'hypocrisie qui couvraient les mœurs corrompues de lacour tombèrent de toutes parts après la mort de Louis XIV . Les princes et lescourtisans semblèrent se dédommager de la longue contrainte que ce roi leur avaitimposée pendant sa vieillesse. On avait été gêné; on passa de l’hypocrisie à la li-cence la plus effrénée. La vie scandaleuse du régent excita l’indignation des uns,et devint un aliment pour la malice des autres Chacun, suivant ses dispositions,exhala ses sentiments; le plus grand nombre fut révolté de l’exlrême corruplionde ce prince et de sa cour. Les mémoires particuliers, les allégories, les épigram-mes, les couplets, s’accordent à témoigner de ses orgies nocturnes et de ses actesincestueux.
Parmi les hommes pervers qui fondaient leur fortune et leur puissance surla corruption du régent, et qui cherchaient à la maintenir ou à l’accroître, afin dele dégoûter des affaires, se distingue l’abbé Dubois qui, avec l’effronterie ducrime, parvint aux dignités d’archevêque de Cambray , de cardinal du saint-siège,de premier ministre de France , et de membre de l’Académie Française . L’é-lévation de ce personnage, qui, suivant le duc de Richelieu, était le plus vilet le plus mauvais des hommes, aurait, dans un autre temps, inspiré la plus vive in-dignation; elle n’inspira que des plaisanteries et des couplets. Les scènes scanda-leuses de cette cour cessèrent par la mort des principaux acteurs, que l’an-née 1723 vit disparaître; mais leur exemple avait laissé des traces trop profondespour être facilement effacées. L’année 1726 vit éclore un nouvel ordre dechoses.
Louis XV , âgé de seize ans, fut revêtu du caractère de roi, et son précepteur,Fleury, du titre de principal ministre. Celui-ci régna sous le nom de son royalélève. Le roi était encore pur. Son ministre, à la gravité de son âge avancé, joignaitdes mœurs régulières. La scène changea entièrement de face. Les exemples de larégence devenaient odieux, et la débauche semblait pour toujours être bannie de lacour. Louis XV , dans les premières années de son mariage, fidèle à la foi conju-gale, désespérait ses courtisans, ne leur laissant aucune prise sur ses mœurs. Ilsprirent alors la résolution de se concerter pour tendre des pièges au jeune roi et leplonger dans la corruption : leur première tentative ne fut pas heureuse, mais àla fin ils l’emportèrent. La barrière une fois rompue, Louis XV ne trouva plusd obstacles à la fougue de ses désirs.
A plusieurs maîtresses que prit et quitta Louis XV , succéda, en 1745, Jeanne- Antoinette Poisson , fille d’une femme entretenue. Elle fut bientôt illustrée par