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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LOUIS XV .

Oet usage de porter l’épée existait déjà sous la fin du règne de Louis XIV ; ils’est maintenu sous celui de Louis XV , et, en s'affaiblissant insensiblement, ila duré jusqu’à la révolution.

La mode des pantins, pendant une partie du règne de Louis XV , occupa lesParisiens et presque tous les Français ; on voyait, dans les rues, dans les salons,non-seulement des enfants, mais des hommes avancés en âge, de graves magis-trats porter dans leur poche ou tenir d’une main une figure humaine en cartoncolorié, et tirer de l’autre main un fil qui faisait mouvoir les membres de cettefigure. Vers l’an 1760, toutes les modes étaient à la Ramponneau, nom d’un far-ceur qui tenait une guinguette aux Porcherons. Il jouait des scènes plaisantes etnaïves, qui enchantaient les Parisiens. Les modes devinrent ensuite à la grecque.On était coiffé, chaussé, vêtu à la grecque. On appliquait aussi ces dénominationsaux façons de parler. La coiffure des hommes et des femmes portait spéciale-ment ce nom; mais elle ne le garda pas longtemps. L’arrangement symétriquedes cheveux des dames était devenu un art difficile; et le sieur Legros, coiffeur,composa un volume, qui fut suivi d’un supplément, où il établit savamment lesprincipes de cet art. Jamais on n’avait vu à Paris un si grand nombre de coif-feurs de dames : on en comptait jusqu'à douze cents. Les perruquiers, jalouxde ces succès, en 1769, leur intentèrent, devant la cour du parlement, un procèsqui inspira un très-vif intérêt; les perruquiers le perdirent.

Ces frivolités, ces moyens de corruption avaient amolli les âmes et les corps.Les dames eurent des vapeurs. En 1769, une compagnie obtint le privilègeexclusif d’établir des bureaux de parasols aux deux extrémités du Pont-Neuf ,afin que les personnes jalouses de conserver la blancheur de leur peau pussentfranchir ce pont à l’abri des rayons du soleil. Pour sentir l’utilité de cet établis-sement, il faut savoir que les abbés, race dégénérée, que les jeunes et vieux pe-tits-maîtres et les nombreux esclaves de la mode n’avaient à opposer aux traitsdu soleil qu’une chevelure symétriquement façonnée, blanchie par la poudred’amidon, et le petit chapeau appelé claque, fait pour être placé sous le bras etnon sur la tète. “

Les grands événements d’alors, ceux qui piquaient vivement la curiosité despersonnes de tous les rangs, qui devenaient l’objet principal de toutes les con-versations des gens inoccupés, et intéressaient la cour et la ville, consistaientdans le succès ou la chute d’une pièce de théâtre, l’apparition de quelques cou-plets ou épigrammes; dans l’action d’un homme riche et puissant, qui quittaitune maîtresse pour en entretenir une autre; dans des pertes au jeu ; dans l’ap-parition de quelques livres hardis ou scandaleux, circulant clandestinement;enfin, dans quelques modes nouvelles et quelques aventures de coulisses oud’alcôves. Chez ces hommes dégradés, manquer aux lois tyranniques et trèsgênantes de la mode, c’était s’attirer l’infamie du ridicule; et cette espèce d’in-famie leur paraissait pire que celle du crime.

Cependant quelques esprits sensés résistaient au torrent de la dépravation.Ainsi plusieurs hommes titrés, des hommes de lettres et de hauts fonctionnai-res, imaginèrent, en 1724, de se réunir et de former un club politique, nomméClub de l'entresol. L’abbé Alary en fut le créateur. Les membres tenaient leurs