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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

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niers : l’on donnait ce nom aux amples basques de leurs habits. Des baleines,placées dans la plus grande largeur de ces basques, les contenaient dans unétat d’extension et de roideur. Chaque pas que faisait l’homme vêtu de ces ha-bits à panier imprimait aux larges basques un mouvement tel que chacun desangles de l’avant et de l’arrière décrivait au moins un quart de cercle.

Tous les hommes, jeunes ou vieux, delà cour et de la ville, portaient encore,sous la régence, les volumineuses perruques en usage sous Louis XIV . Vers lafin de son règne, elles avaient éprouvé quelques altérations dans leur formepremière. Déjà, en 1693, on ne voyait plus, comme auparavant, deux partiesde leur chevelure descendre de chaque côté du buste : elles étaient bornées àcouvrir entièrement les épaules et le dos. Les perruques, en subissant diverschangements de forme, diminuèrent insensiblement de volume. Toute la partiesuperflue qui couvrait le dos fut divisée en deux. On nouait ces parties en été,on les dénouait en hiver; enfin, elles restèrent nouées en toutes saisons. Deces deux parties de la chevelure artificielle, nouées ou dénouées, vint l’usagede porter deux queues qui descendaient parallèlement de la perruque jusqu'àla ceinture. Cet usage s’est maintenu chez de vieux courtisans jusqu’au règnede Louis XVI . De ces deux queues on n’en fit qu’une. Les militaires portaientla perruque à la brigadière; elle était ample autour de la tête, et retroussée parderrière. Ils la quittèrent enfin, pour laisser croître leurs cheveux.

Les gens du barreau, toujours fort attachés aux vieux usages, gardèrent en-core longtemps les perruques in-folio du règne de Louis XIV ; mais il leur fallutenfin céder quelque chose à l’empire de la mode : et ils ne conservèrent, jus-qu’au dernier temps, que la partie de la chevelure pendante sur le dos. Ils por-tèrent des perruques pointues, ou en forme de pyramide renversée. Elles descen-daient, bordées débouclés symétriquement placées, le long du dos, en diminuantde volume. Ils eurent des perruques carrées, des perruques à la Sartines, desperruques à trois marteaux, des perruques à la circonstance, etc. Les juges s’obs-tinèrent à garder leurs perruques chargées d’une infinité de boudins symétri-ques. Mais de jeunes avocats renoncèrent à l’artifice, et lui préférèrent leurchevelure naturelle, qu’ils accommodèrent à peu près comme les perruques.Cette mode fit des progrès, même chez les jeunes conseillers. — Les bourgeois,les maîtres de profession ou de métiers, et même les ouvriers portaient tous laperruque. Un maître tailleur se serait cru indigne de sa profession et de songrade, s’il eût été coiffé avec ses propres cheveux. Enfin les perruques disparu -rent insensiblement, et on ne vit que des vieillards chauves ou entêtés qui, dé-daignant les nouveautés, conservèrent courageusement les chevelures artifi-cielles, bouclées, pommadées, poudrées. On les nommait par dérision têtes àperruque. Un médecin ne pouvait visiter ses malades sans avoir la tête affubléed’une perruque à trois marteaux, sans avoir sa canne à pomme d’or, le dia-mant au doigt et les manchettes de dentelles.

On ne faisait aucune visite, on n’allait dans aucun lieu public, et même on nesortait guère sans être armé d’une épée pendue au côté, comme si l’on marchaitau combat, et sans porter le chapeau sous le bras, comme s’il était plus destinéau bras qu’à la tête. Tous, jusqu’aux ouvriers, suivaient cette mode gênante.