Des projets de contre-révolution inconsidérés, une guerre sourde, des ten-tatives partielles, le projet de conduire le roi à Metz , la cocarde nationale in-sultée à Versailles , produisirent les journées des 5 et 6 octobre 1789; toute lagarde parisienne et une multitude effrénée de peuple se portent à Versailles ,et ramènent à Paris le roi, qui depuis cette époque habita le château des Tuile-ries . L’Assemblée nationale, inséparable du roi, le suivit dans cette ville, et tintd’abord ses séances à l’Archevêché, où elle décréta que les biens du clergéétaient propriétés nationales. Puis elle occupa l’emplacement du manège, con-tigu à la terrasse du jardin des Tuileries appelée terrasse des Feuillants.
Je me tais sur divers événements sans importance, et je passe à la fédérationdu 14 juillet 1790, fête mémorable , majestueuse, où le roi jura librement demaintenir la constitution décrétée par l’Assemblée nationale. Je passe encoresous silence plusieurs événements, plusieurs travaux de l’Assemblée, pour men-tionner le départ du roi. Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, Louis XVI quittaParis , et y laissa une déclaration dans laquelle il proteste contre tous les actesémanés de lui pendant sa captivité. C’est ainsi qu’il qualifie son séjour au châ-teau des Tuileries .
Malheureusement cette tentative, comme toutes celles qui avaient précédé,n’eut point le succès désiré. Le peuple de Paris , instruit, vers les huit heuresdu matin, de cette évasion du roi, fut agité, et dans son indignation brisa lesarmoiries royales qui se voyaient sur plusieurs édifices publics. Le mercredi,22 juin 1791, l’Assemblée nationale fut informée de l’arrestation du roi àVarennes. 11 fut reconduit à Paris , et y arriva le 25 juin à sept heures du soir.
Dans Paris , des orateurs de groupes, des auteurs de pamphlets, des troupesarmées, sont secrètement organisés et payés pour diriger l’opinion publiqueen faveur de la royauté. Des journaux, le Chant du coq, le Jour nul à deuxliards, le Journal de la cour, l'Ami du roi, forment un parti d’opposition. Legouvernement paraît vouloir sourdement détruire un ordre de choses que ce-pendant il promet publiquement de maintenir.
Le 3 septembre 1791, la constitution fut terminée. Le 13 du même mois, elletut présentée au roi, qui écrivit à l’Assemblée nationale qu’il l’acceptait. Le len-demain, 14 septembre, Louis XVI vint solennellement jurer dans l’Assembléed’être fidèle à la nation, d’employer tout le pouvoir qui lui était délégué à main-tenir la constitution et à faire exécuter les lois. Le dimanche 18 septembre,une fête aux Champs-Elysées , de magniliques illuminations, célébrèrent cetteacceptation et ce serment.
Cependant l’emigration redoublait. Les familles nobles se portaient en fouleau-delà des frontières, persuadées que, réunies avec l'étranger, elles subju-gueraient sans peine une nation audacieuse qu’ils croyaient sans moyens etsans courage. Paris fut alors le rendez-vous général des émigrants; ils y trou-vaient des secours pécuniaires, et partaient ensuite pour Coblenlz.
Le 1 er octobre 1791, l’Assemblée nationale constituante ayant, le jour précé-dent, termé sa session, fut remplacée par l’ Assemblée législative .
Pendant le mois d'octobre 1791, le nombre des émigrés s’accroît; tous pas-sent par Paris pour sortir de France . Le 14 de ce mois, proclamation du roi
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