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millions. Les notables devaient, chercher les moyens de réparer cet énorme défi-cit; ils découvrirent le mal, laissèrent à d’autres le soin d'y appliquer le re-mède, et demandèrent la convocation des étals généraux.
Une lutte violente s’éleva entre les ministres et le parlement. Plusieurs mem-bres de cette cour furent exilés. M. d’AgouIt, dans la nuit du 3 au 4 mai 1788, as-siégea le Palais-de-Justice pour y arrêter les conseillersd’Éprémesnilet Goislard,qui furent conduits prisonniers à Pierre-Encise. Enfin, après plusieurs troublesà Paris et dans les provinces, les ministres convoquèrent, en 1788, une secondeassemblée des notables, qui s’ouvrit le 6 novembre. Elle s’occupa du mode deconvocation des états généraux, qui entrèrent en session le 5 mai 1789 dansla ville de Versailles. Le tiers-état désirait sa réunion avec les deux ordres duclergé et de la noblesse; le roi l’avait ordonnée. Les deux ordres s’y refusè-rent. Dans la séance du 17 juin, le tiers-état se constitua en Assemblée nationale.Le 20 juin, il ne put se réunir dans la salle des états : les députés en trou-vèrent les portes fermées et le local entouré de gardes françaises; ils s’installè-rent dans un jeu de paume à Versailles , et y prêtèrent le serment de ne jamaisse séparer, jusqu’à ce que la constitution fût achevée. Le 22, ils s’assemblè-rent dans l’église Saint-Louis; là ils reçurent la majorité du clergé. Le 23,il se tint dans la salle des états une séance royale. Le discours du trône necontenta aucun parti. Le roi ordonnait aux députés des trois ordres de se sé-parer et de se rendre chacun dans leurs chambres respectives. Le tiers-étatresta en séance.
Les ministres formèrent le projet de dissoudre l’assemblée, et d’employerpour cet effet une force armée imposante. Ils appelèrent des troupes, et bientôtParis et Versailles se trouvèrent cernés par une armée de trente mille hommes :les ministres qui avaient la confiance publique furent renvoyés, et remplacéspar des hommes odieux : l’indignation des habitants fut vive. Les meneurs se-crets saisirent ce moment favorable, et donnèrent un nouveau degré d’activitéà la fermentation. Le dimanche 12 juillet, les symptômes d’une insurrectionprochaine apparaissent; le lendemain lundi, une garde nationale improvisées’organise; le 14 juillet, on trouve des armes à l’IIÔtel des Invalides, on assiègeet on prend la Bastille, La révolution commence.
Je dois dire que des brigands étrangers, couverts de haillons, qui s’étaientsignalés, la veille de la première assemblée des états généraux, par le pillagede la maison de Réveillon , située au faubourg Saint-Antoine, brigands appeléset soldés on ne sait par qui, se confondirent avec les Parisiens . Tandis que ceux-ci se distinguaient par leur zèle et leur dévouement, ces étrangers s’occupaientà piller, à égorger, à couper des tètes, à pendre à un fer de lanterne les per-sonnes qui leur étaient indiquées. Quelques jours après la prise de la Bastille,le vendredi 17 juillet, le roi vint à Paris , et trouva les habitants rangés depuisla barrière de la Conférence jusqu’à l’Hôtel-de-Ville. Sa voiture marcha entredeux haies d'hommes armés à la hâte. Ingénieusement harangué par le maireBailly, le roi ne fit aucune réponse positive; il prit la cocarde tricolore qu’onlui présenta, et la plaça à son chapeau. Cette visite fut généralement considé-rée comme un assentiment aux événements des jours précédents.