lîn février 1792, l’Assemblée législative rend un décret qui ordonne le sé-questre des biens des émigrés. — Le 14 février 1792, les femmes du faubourgSaint-Marcel furent excitées à se soulever et à piller un magasin de sucre,situé rue des Gobelins. Le lendemain, nouveau rassemblement de femmesque la force armée eut bientôt dissipé. Les mêmes jours, les villes de Mont-Ihéry, de Noyon , de Dunkerque , de Metz , d’Arras , etc., furent agitées par desséditions semblables.
Par décret du 5 avril 1792, toutes les congrégations séculières ecclésiasti-ques, telles que les prêtres de l’Oratoire , de la Doctrine chrétienne, de SaintJoseph, de Saint-Sulpice, de Saint-Lazare , de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, duSaint-Esprit , des Missions-Étrangères , de Saint-Laurent, du Saint-Sacrement,des sociétés de Sorbonne et de Navarre, des frères des Écoles chrétiennes ,des ermites du Mont-Valérien , deSenart,des frères tailleurs et cordonniers;enfin toutes les réunions d’hommes et de femmes furent supprimées.
Le 11 mai 1792, on vit à Paris le premier exemple d’un prêtre catholique semariant, et venant solennellement avouer cet acte conforme aux lois de la pri-mitive Église. Le vicaire de Sainte-Marguerite se présenta ce jour à la barre del’Assemblée législative avec son épouse et son beau-père, et y reçut des ap-plaudissements : il eut beaucoup d’imitateurs.
En avril 1792, les premiers arbres de la liberté furent plantés à Lille , àAuxerre et ailleurs. Paris ne tarda pas à avoir les siens, que Bonaparte a faitabattre. A la même époque, la guerre fut déclarée à la Hongrie . En même tempsla discorde éclatait entre les membres les plus influents du gouvernement. Ro bespierre , sorti de l’Assemblée constituante , après avoir séjourné pendant quel-ques mois dans Arras , sa patrie, revint à Paris . Sa réputation de patriote sévèreet incorruptible le fit nommer à la fonction d’accusateur public. Dès qu’il vitla guerre déclarée, il se démit de cette fonction pour se livrer tout entier auxdiscussions du forum et au nouveau système de conduite qu’il avait adopté.Le 27 avril 1792, il dénonça à la société des Amis de la Constitution tous ceuxqui avaient combattu ses opinions dans la discussion sur la guerre offensiveet défensive, et les accusa de conspiration et de coalition avec les ennemis del’État. On lui demanda des preuves; il promit d’en donner dans une séanceprochaine. On les attendait avec une impatiente curiosité. Robespierre , au lieude preuves, fit l’étalage de ses services, l’apologie de sa conduite. 11 voulaitqu’on le crût sur parole. Dès lors cette société fut divisée; et Robespierre parvint à en dominer une partie, et, dans la suite, à en chasser l’autre. — A lamême époque, Marat reparut sur la scène politique, ainsi que son journal l’Amidu peuple. Ce journal, précurseur ordinaire des troubles de Paris , attaquait, parses dénonciations et ses calomnies, les plus purs amis de la liberté publique.
Une pareille division se manifesta parmi les membres de la Commune deParis. Ces divisions furent la source de maux innombrables.
Robespierre , séduit par le parti de l’étranger dont il semble avoir été l'a-gent, entraîna, par l’appât des emplois lucratifs, des hommes déshonorés quin’avaient d’espoir que dans le désordre; et, par sa réputation de popularité etses dénonciations continuelles, des hommes qui étaient de bonne foi, mais qui,