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HISTOIRE DK PA IMS
dupes de leur tempérament inquiet et emporté, considéraient les exagérationset les moyens violents comme nécessaires; il entraîna, par des exemples de(erreur, la multitude des faibles, et, ne pouvant dominer les patriotes purs,il les priva de la liberté et de la vie.
Ainsi, sous le masque de la liberté, le parti de l’étranger, pour avoir droitd’accuser cette même liberté, commit des crimes énormes et multipliés, allumale feu des dissensions civiles, divisa les patriotes pour les affaiblir et les subju-guer, les porta à s’entre-détruire; excita des séditions dans toutes les parties dela France , et, à Paris , plusieurs émeutes, notamment celle du 20 juin, et lajournée sanglante du 10 août qui renversa, avec le trône, toutes les statuesdes rois dans la capitale; conduisit la famille royale dans la prison du Temple;souleva les journées plus sanglantes encore de septembre, journées de massacres, où les prisons de Paris furent inondées du sang français.
An 21 septembre, la Convention nationale succéda à l’Assemblée législa tive . Elle abolit la royauté, décréta le gouvernement républicain, mit Louis XVI en jugement. Ce malheureux prince, condamné à mort, fut exécuté le 21janvier 1793.
ETABLISSEMENTS RELIGIEUX ET CIVILS.
capucins iie la chaussék-ii’antin. Église , couvent, hospice, puis collège,situé rue Sainte-Croix, n° 5. Le quartier de la Chaussée-d’Antin devenant dejour en jour plus populeux, il fut ordonné en 1779, qu’on y établirait unechapelle. On se décida à y transférer les Capucins du faubourg Saint-Jacques.Brongniard fut chargé de fournir les dessins et de diriger la construction decette capucinière. Commencée en 1780, elle fut achevée en 1782.
La façade de cet édifice est simple et dépourvue d’ornements superflus.A ses extrémités figurent deux pavillons, couronnés d'un fronton que sur-monte un attique. Le cloître de ce couvent est décoré de colonnes sans ba-ses. L’église, fort simple, est ornée d’une ordonnance et d’un grand morceaude peinture à fresque, imitant le bas-relief, peint par Gibelin.
Ce couvent de capucins fut supprimé en 1790. Ses bâtiments, pendant plu-sieurs années, furent affectés à un hospice où étaient soignées les maladies vé-nériennes. En 1802, on y établit un des quatre lycées de Paris , nommé lycéeBonaparte. Ce lycée, en 1814, reçut la dénomination de collège royal de Bourbon,qu’il a encore. L’église porte le nom de Saint-Louis d’Antin.
chapelle bëaujon, située rue du Roule, n° 59. Cet édifice a été construitvers l’an 1780, sur les dessins du sieur Girardin, architecte, aux frais de Ni colas Beaujon , receveur-général des finances. Le portail est remarquable parsa simplicité. Deux rangs de colonnes isolées séparent la nef de deux galerieslatérales dont les murs présentent des niches élevées sur un stylobate. La lu-mière descend dans cette nef par une lanterne carrée. Cette chapelle est dédiéeà saint Nicolas, patron de son fondateur.
hospice beaujon, situé rue du faubourg du Roule, n° 54. L’opulent fon-dateur de la chapelle dont je viens de parler fit, quelques années après, en