567
Au 1 er août 1781, on commença à porter la cognée sur les arbres antiques decette promenade. Les libelles, les épigrammes se renouvelaient alors chaque jourcontre le duc de Chartres . En janvier 1782, les fondations des bâtiments nou-veaux furent jetées; et, malgré les clameurs publiques, les trois faces des bâti-ments, percés de cent quatre-vingts arcades qui environnent le jardin, furentachevées sur les dessins du sieur Louis. La quatrième face du côté du palais,qui devait être la plus magnifique, resta longtemps à construire ; et c’est làqu’on avait établi les constructions provisoires nommées baraques. Le jardindu Palais-Royal éprouva, en 1787, d’autres changements; le duc de Chartres ,devenu duc d’Orléans, le bouleversa presque entièrement pour faire construireau centre un vaste cirque, et s’attira de nouveau les sarcasmes du public. Cejardin a été planté et replanté souvent. Son plus bel ornement est aujourd’huiun bassin circulaire de soixante et un pieds de diamètre, d’où s’élève, par plu-sieurs tuyaux rapprochés, une gerbe d’eau qui produit un bel effet. — On adisposé dans les parterres quelques statues en marbre, exécutées par des artis-tes contemporains; les statues en bronze sont copiées sur l’antique. Dans levoisinage, la translation de l’établissement des Quinze-Vingts, laissa un empla-cement vide, où s’établit un quartier nouveau. Cette translation fut exécutée en1780 ; et sur le terrain des Quinze-Vingts, on ouvrit, en 1784, les rues de Char tres et de Valois.
le cirque dü palais-royal, commencé en avril 1787, et terminé à la fin del'an 1788, offrait dans son plan un parallélogramme très-allongé. Une partie desa construction était souterraine, et présentait une arène éclairée par en haut,séparée d’une galerie par 72 colonnes doriques cannelées. Cette galerie commu-niquait à une seconde par des portiques. A l’arène venait aboutir une route enpente douce et tournante, qui partait des bâtiments du palais. Il s’y est tenudes séances de diverses sociétés; on y a joué la comédie. La partie supérieure,qui s’élevait au-dessus du sol du jardin, était décorée de 72 colonnes ioniqueset entièrement revêtue de treillages. Cet édifice fut, le 15 décembre 1798, en-tièrement ruiné par un incendie.
RUES, PLACES ET PONTS.
On bâtit un très-grand nombre de rues, et l'on conçut le projet d’en percerplusieurs autres, sous le règne de Louis XVI . C’est ainsi qu’en 1781 on proposad’établir le long du jardin des Tuileries une rue qui, du Carrousel, irait aboutirà la place Louis XV. Ce projet a été exécuté, et cette rue porte le nom de Rivoli .En même temps fut proposée une autre rue qui, du jardin des Tuileries , seraitperpendiculaire à la première, traverserait la place Vendôme, et irait aboutir auboulevard. Cette rue fut terminée en 1807, sous les noms de rues Napoléon etde Castiglione. La partie de cette rue qui portait le nom de Napoléon reçut,«près 1814, celui de la Paix. En 1780, on proposa la prolongation de la rue delournon jusqu’à la rue de Seine. Cette prolongation s’est effectuée en 1812.
Plusieurs places furent étendues ou créées. En 1774, la place située devant