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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LA CONVENTION. 587

de la Convention nationale contribuèrent à donner à cet établissement uneconsistance et une organisation qu’il n’avait pu obtenir encore. Parmi ces dé-crets, il faut citer celui du 24 oclobre 1793, qui défend de détruire, de mutileret d’altérer les monuments des arts, sous prétexte d’en faire disparaître les si-gnes de la féodalité. Tout étant disposé par les soins de M. Lenoir, le l" r sep-tembre 1795, cette précieuse réunion des monuments nationaux fut offerteaux yeux du public. On y vit un ensemble très-varié des productions de l’an-tiquité, du moyen âge et des temps modernes, classées par siècle. Jusqu’en1814, cette vaste collection s’est continuellement enrichie d’objets intéressants,'l'outes les parties des bâtiments des Augustins, l’église, le chœur, le cloître, lacour et le jardin, nommé Élysée , à cause des tombeaux qu’on y avait placés,en furent remplis et décorés.

Ce musée perdit quelques monuments lorsque, en 1802, on réorganisa leculte catholigue. Plusieurs églises réclamèrent des objets qu’elles avaient pos-sédés. Ces pertes étaient peu sensibles; mais, en 1815, la suppression de cemusée fut décidée. Une grande partie des richesses qu’il contenait fut enlevéeet dispersée. Toutes celles qui étaient relatives aux princes et princesses dest’amilles royales, furent transférées dans l’église de Saint-Denis . Diverses églises etplusieurs familles sollicitèrent quelques parties de cette précieuse collection, quiperdit dès lors la qualification de musée, et reçut celle de Dépôt de monumentsd’art. Enfin, en vertu d’une ordonnance du 24 avril 1816, il a établi dans sonemplacement une École royale des beaux-arts.

conservatoire des arts et métiers , situé rue Saint-Martin, n os 208 et 210,dans les bâtiments de l’ancienne abbaye Saint-Martin. M. Grégoire, ancienévêque de Blois , à qui les arts et les institutions scientifiques doivent tant de re-connaissance, provoqua le premier, au comité d’instruction publique de la Con-vention nationale, la création du Conservatoire des arts et métiers ; il fut chargéd’en faire un rapport, d’après lequel cette assemblée, le 10 octobre 1794, en or-donna l’établissement. Cinq ans après, ce musée était installé.

Trois dépôts de machines furent le noyau du Conservatoire des arts et métiers .Au Louvre étaient celles que le sieur Pajot d’Orzembray avait données à l’Aca-démie des sciences . — Un autre dépôt, situé rue de Charonne, hôtel Mortagne,se composait de plus de cinq cents machines léguées, en 1782, au gouvernementparle célèbre Vaucanson . — Le troisième dépôt existait rue de l’Université, et sefaisait remarquer par un grand nombre de machines relatives aux travaux agri-coles de diverses contrées.

En 1810, on fonda dans cet établissement une école gratuite dont l’ob-jet est de former des jeunes gens à devenir des artistes habiles et instruits, etdes professeurs distingués. On y enseigne le dessin de la figure, de l’ornement,de l’architecture et des machines ; on y enseigne de plus l’arithmétique, l'algè-bre, la géométrie, la géographie descriptive, et l’application de ces diversesbranches des mathématiques aux tracés de charpente, â la coupe des pierreset au calcul des machines. — En 1819, on y créa trois chaires, l’une d’éco-nomie industrielle, et les deux autres de chimie et de mécanique appliquées auxarts.