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SOUS LE DIRECTOIRE ET LES DEUX CONSEILS.
une infinité de manœuvres sourdes et d’attaques à force ouverte, n’a pu, pen-dant les quatre années d’une existence fort troublée, faire dans Paris des éta-blissements importants. Il a organisé toutes les administrations de France , etprocuré à ses habitants un calme dont ils n’avaient pas joui depuis plusieursannées. Il a, sans secousse, fait disparaître de la circulation les assignats, etleur a substitué le numéraire métallique. — Voici la notice des établissementsfaits sous ce gouvernement de courte durée.
PALAIS DU CONSEIL DES CINQ-CENTS , puis du CORPS LÉGISLATIF enfin dela chambre des députés La constitution de l’an ni avait établi un Directoireexécutif et deux conseils, l’un nommé des Cinq-Cents, l’autre des Anciens.Le Directoire exécutif fut logé dans l’hôtel du petit Luxembourg , le conseildes Anciens dans la salle du château des Tuileries , et le conseil des Cinq- Cents dans la salle dite du Manège, près la terrasse des Feuillants. Cettesalle était incommode et sans dignité. On s’occupa dès l’an iv de donner auconseil des Cinq-Cents un lieu plus convenable. Le Palais-Bourbon futchoisi.
Pendant les années 1795 et 1796, l’architecte Gisors fit exécuter dans cesbâtiments les travaux nécessaires à leur nouvelle destination. Le milieu de lafaçade du côté du cours de la Seine correspond avec l’axe du pont Royal, de laplace de la Concorde et de la Madeleine. Des vues économiques dirigèrentl’architecte dans la composition de celte façade ; il conserva quelques partiesde l’ancienne construction, mura les croisées, et ajouta au centre un avant-corps décoré de six colonnes. En 1798, le conseil des Cinq-Cents vint prendrepossession dans sa nouvelle salle. Son plan demi-circulaire était, comme il estaujourd’hui, disposé en amphithéâtre. Le fauteuil et le bureau du président,précieux par leur forme et leur matière, furent placés au centre et en face desbanquettes en gradins. En avant de ce bureau était la tribune, ornée d’un bas-relief, de Lemot, représentant VHistoire.
En 1807, un autre gouvernement moins économe fit construire à cette salleune façade plus convenable, sur les dessins de Poyet. Au-devant de cette fa-çade s’étend un vaste perron contenant un escalier. Au bas, et sur des piédes-taux, sont les statues colossales de la Justice et de la Prudence; on voit aussien avant les figures assises, également colossales, de Sully, de Colbert , deL’Hôpital et de d’Aguesseau. Ces figures sont en pierre couverte d’un enduit.Au-dessus de cet escalier, la façade présente sur la même ligne douze colonnescorinthiennes, de grande proportion, qui supportent un entablement et un fronton.On y fit modeler par M. Fragonard un bas-relief représentant la Loi sur un char.Ce bas-relief vient d’être remplacé par une sculpture de M. Cortot.
Dans la cour d’honneur on remarquait deux statues représentant la Sagesseet la Force : la première était l’ouvrage de Bridan, la seconde celui de d’Es-percieux. Ces embellissements furent exécutés sous Napoléon , qui nomma cetédifice Palais du Corps Législatif; il donna aux députés un costume brillantde broderies en or, et leur ôta en même temps la faculté de parler. En 1814, cetédifice reçut le nom de Palais de la Chambre des Députés, et le conserve encore.Depuis quinze ans on y a fait de grands travaux d’embellissement.