592
EXPOSITION PUBLIQUE DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE. Ce fut SOUSce gouvernement qu’on vit la première exposition publique des produits des ma-nufactures et de l'industrie française . Elle eut lieu au Champ de Mars , à lafête de la fondation de la République , en 1798; elle dura dix jours. Le 18 avril1801, le ministre Chaptal écrivit aux préfets des départements, pour qu’ils déter-minassent les manufacturiers et fabricants à porter à l’exposition les produits deleur industrie. Cette exposition eut lieu, pendant les jours complémentaires, dansle Louvre. Les gouvernements qui sont venus ensuite ont adopté cette institution.Os expositions se sont reproduites successivement sur l’esplanade des Invalideset dans les bâtiments de l’administration des ponts et chaussées, au petit hôtelDourbon et dans la cour du Louvre. Depuis 1830, ces expositions ont lieutous les c'nq ans, et se sont faites jusqu’à présent dans le grand carré des Champs- Elysées .
octroi de bienfaisance. Le Directoire exécutif sentit la nécessité de pour-voir aux besoins des hôpitaux de Paris , dont les biens étaient en grande partievendus comme propriétés nationales ; il demanda donc une contribution pourl’entretien des hospices et pour les dépenses communales. Le Corps Législatifautorisa cette contribution indirecte. Les barrières de Paris furent réparées,et le22 octobre 1798, la perception commença. Elle était faible et peu onéreuse;elle devint, sous Bonaparte , aussi forte, aussi gênante qu’elle l’était sous l’ancienrégime.
les théophilanthropes. En 1796 on vit éclore une secte nouvelle, secte plusmorale que religieuse. Dans ses réunions, toujours publiques, on prêchait lesdevoirs des hommes envers leurs semblables, les devoirs des enfants enversleurs parents, des pères envers leurs enfants; les devoirs réciproques des époux,et on faisait entendre des témoignages de reconnaissance pour l’Être des êtres.La première séance des théophilanthropes, ou amis de Dieu et des hommes, setint, le 15 janvier 1797, dans une maison de la rue Saint-Denis, au coin decelle des Lombards. La salle consacrée à ces réunions offrait sur ses murs,et dans des tableaux écrits en gros caractères, des maximes relatives auxvertus sociales, à la bienfaisance, à la justice. Un autel, sur lequel était une cor-beille de fleurs ou de fruits, symbole de la création et du développement végé-tal, était, avec ces maximes, les uniques objets offerts à la contemplation des as-sistants. Un orateur, dans un costume simple, mais dont la forme s’écartait desvêtements communs, développait les avantages d’une vie régulière, et des actionsbienfaisantes. Après le discours, on chantait des hymnes auxqutls les assistantsmêlaient leurs voix.
Les théophilanthropes faisaient de nombreux prosélytes. Leur premier local neput contenir la foule qui s’y portait. Ils sollicitèrent la permission de tenir leursséances dans quelques églises de Paris . Ils s’établirent successivement dans leséglises de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, de Saint-Sulpice, de Saint-Thomas-d’Aquin, de Saint Ëtienne-du-Mont, de Saint-Médard , de Saint-Eustache , deSaint-Germain l’Auxerrois, etc. La théophilanthropie, en faveur à Paris , s’éten-dit dans les départements, y fit des progrès, et franchit même les limites de laFrance . Bonaparte , en s’emparant de l’autorité, vit avec inquiétude une réunion