l’archiduchesse Marie-Louise , le 2 avril 1810. La cérémonie se fit à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, en présence de toutes les illustrations de l’empire. Un anaprès, Napoléon avait un fils, et les habitants de Paris , qui se pressaient en foulecompacte dans le jardin des Tuileries , saluaient l’enfant, roi cle Rome , commel’espoir de la France . A cette occasion, il y eut des réjouissances publiques, etdes fêtes magnifiques, qui furent données par le corps municipal.
Le seul fait important que je trouve à signaler pour l’histoire spéciale deParis , est la conspiration du général Mallet. Détenu pour complot politique, ils’évada de prison le 23 octobre 1812, rassembla quelques troupes qui lui étaientdévouées, fit sortir de la Force les généraux Guidai et Lahorie , détenus pourla même cause que lui, et sema le bruit de la mort de l’empereur. Puis, aidé parles royalistes et muni de fausses lettres et de faux décrets, il se rendit maîtredes principaux postes de la ville, s’empara de la personne de Savary et dePasquier, chefs de la police, et les destitua. Le succès semblait assuré à cetteaudacieuse eutreprise. Mais arrivé à l’état-major de la place, commandé par legénéral Hullin, Mallet trouva une vive résistance et fut arrêté. Le lendemain,il fut traduit devant une commission militaire qui le condamna à mort, lui ettreize de ses complices. Telle fut l’issue rapide et sanglante de cette conspira-tion qui fit grand bruit dans Paris .
On connaît les désastres de la fatale campagne de Moscou , et le résultat dela coalition des armées étrangères pour renverser Napoléon . Le 30 mars 1814,Marmont et Mortier livrèrent sous les murs de Paris une bataille qui coûta plusde 18,000 hommes aux ennemis; mais qui n’empêcha pas, pour Napoléon , laperte de la capitale de son Empire. Les armées étrangères firent leur entréedans la ville, et pendant leur séjour y gardèrent une discipline honorable pourles vainqueurs comme pour les vaincus. Le 2 avril, le gouvernement provi-soire, nommé par les sénateurs, prononça la déchéance de Napoléon ; le 11 dumême mois, Napoléon envoya aux puissances coalisées son acte d’abdication ;enfin quelques jours après il quittait la France , et partait pour l’ile d’Elbe.
Cependant les membres de la famille de Bourbon avaient été rappelés, etLouis XVIII remontait sur le trône de ses ancêtres. Le 30 mai, ce roi signa laconvention de Paris qui réglait les limites et les droits internationaux de la France ;enfin le 4 juin, il octroyait aux Français une charte constitutionnelle qui devaitservir de base au nouveau gouvernement.
Le règne de Napoléon fut une ère de prospérité pour la France . Alors lesadministrations furent réorganisées, et les institutions publiques assises sur desbases nouvelles et stables. Les écoles et les théâtres furent l’objet de plusieursdécrets qui devaient les faire entrer dans une voie continuellement progressive.On voit briller dans toutes les branches des arts, des belles-lettres et dessciences, une foule d’hommes d’un talent éminent. MM. de Chateaubriand, deFontanes, Daru, Daunou, Lebrun, J. de Maistre , Andrieux, Raynouard, Delille,Michaud, Picard, Millevoye , Parny et madame de Staël publient des livres ouécrivent pour le théâtre des œuvres qui ont un grand retentissement. Les tra-vaux de Lacépède, Cuvier, Geolfroi Saint-IIilaire, Bory de Saint-Vincent , J. Thouinet Brongniart étendent le domaine des sciences naturelles. Il suffit de nommer