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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

G04

et après les orages révolutionnaires, les corps des personnes tuées dansles troubles, et les ossements des cimetières des autres paroisses et maisonsreligieuses de Paris , y furent successivement déposés.

On descend aux Catacombes par plusieurs portes; la plus généralement fré-quentée est située dans la cour du pavillon ouest de la barrière d’Enfer. Aprèsavoir descendu 90 marches, on se trouve dans une galerie de 19 mètres 14 cen-timètres d’élévation ; puis on arrive dans une autre galerie de l’ouest qui està l’aplomb de la rangée occidentale des arbres de la route d’Orléans . Aprèsplusieurs détours on aperçoit les constructions faites pour empêcher la contre-bande souterraine, et les grands ouvrages commencés, en 1777, pour la conso-lidation de l’aqueduc d’Arcueil . Puis on parcourt des galeries longues et sinueu-ses, et on descend, par un escalier, dans une exploitation inférieure. Près de là ,on voit d’anciennes exploitations, un grand pilier taillé dans la masse calcaire,un autre pilier en pierre sèche; enfin, à 80 mètres de ce pilier, on arrive auvestibule des Catacombes. En entrant, est un cabinet particulier qui contientune collection minéralogique ; elle offre une série complète de tous les échan-tillons des bancs de terre et de pierre qui constituent le sol des Catacombes. —Dans un ancien carrefour, entre quatre murs, M. Iléricart de Tliury a fait éta-blir aussi un cabinet de pathologie , où sont classées avec méthode toutes lesespèces d’ossements déformés par quelques maladies.

Uauteldes Obélisques fut construit en 1810, et sa construction masque destravaux faits pour soutenir le ciel de la carrière, dont les affaissements an-nonçaient une ruine prochaine. Cet autel et ces obélisques ont des formesimitées de l’antique, et des piédestaux, placés aux deux côtés de l’autel,sont construits avec des ossements. D’autres travaux de consolidation ont reçula forme d’un monument sépulcral et sont connus sous le nom de Sarcophage duLacrymatoire ou tombeau de Gilbert. — Le piédestal de la lampe sépulcrale estencore un de ces objets qui rompent la monotonie lugubre de ces souterrainset de leurs longues murailles, toutes tapissées de tètes de morts. Ce monumentse compose d’une lampe antique et du piédestal qui la supporte ; près de là estle pilier Memento. — La fontaine de la Samaritaine est un épisode du voyage.Des eaux éparses ont été recueillies dans un bassin que l’on a entouré d’un murqui sert d’appui à la double rampe de l’escalier : on la nomma d’abord la Sourcedu Léthè ou de l'oubli, on lui a donné ensuite le nom de Samaritaine , à caused’un verset de l’Évangile qu’on y a gravé. Au delà se voient les ossements desvictimes de diverses scènes sanglantes de la Révolution.

Ou descend aux Catacombes basses par un escalier sous lequel on a construitun aqueduc qui conduit les eaux d’une source voisine dans le puits de laTombe-Isoire, puis on voit un pilier de forte dimension, élevé pour soutenir le cielde la carrière, qui, fendu, lézardé en plusieurs endroits, faisait craindre un éboulement. Les inscriptions de ce pilier sont quatre strophes, tirées des NuitsClémentines, composées sur la mort du pape Ganganelli : cette constructiona reçu le nom de Pilier des Nuits Clémentines. On sort ensuite des Cata-combes; on remonte aux galeries supérieures; on parcourt un vestibule, unlong corridor; enfin on arrive au bas d’un escalier bâti, en 1784, sur le bord