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SOUS LA RESTAURATION,système rétrograde qui devait le conduire à sa perte. La loi des élections futmodifiée; une insurrection éclata dans Paris et fut comprimée avec vigueur.Mais c’en était fait, la lutte était engagée entre les royalistes et les libéraux,lutte qui, dix ans plus tard, devait avoir un sanglant dénoûment. — Louis XVIII étant mort le 16 septembre 1824, le comte d’Artois, sous le nom de Charles X ,monta sur le trône, et avec lui arrivèrent au pouvoir tous les ennemis desconquêtes morales que la France devait à la Révolution.
En 1827, la garde nationale fut passée en revue par Charles X ; plusieurs lé-gions firent entendre les cris : A bas les jésuites! à bas les ministres!! et la gardenationale fut licenciée. — En 1829, les chambres furent dissoutes; de nouvellesélections se firent. A Paris , les libéraux l’emportèrent; la ville s’illumina, et larue Saint-Denis fut le théâtre d’une émeute qui dura plusieurs jours, mais qui,cependant, fut facilement apaisée. Le ministère Martignac , appelé à remplacerle ministère Villèle, fit quelques concessions à l’esprit public; mais l’abolitionde la censure et l’expulsion des jésuites ne firent que retarder la lutte décisivequi paraissait inévitable entre les royalistes et les libéraux. — Le 29 août 1829,M. de Polignac est placé à la tête d’un nouveau ministère ; la chambre desdéputés est convoquée, et la majorité se prononce contre le cabinet. Les cham-bres sont encore dissoutes : la même majorité est renvoyée par les électeurs.Pendant ces débats et ces luttes parlementaires, l’armée française prouvait,sur les côtes d’Afrique , qu’elle n’avait pas perdu les traditions de courage et dedévouement à la chose publique. Le 9 juillet, le ministère Polignac faisait an-noncer la prise d’Alger . Soutenu par l’appui moral que lui prêtait ce glorieuxévénement, il se résolut à un coup d’État dès longtemps médité. Le 26 juilletparurent des ordonnances qui abolissaient la liberté de la presse et réformaientla loi électorale. Cette publication jeta d’abord la population parisienne dansl’étonnement et dans une sorte de terreur. Mais le lendemain, 27 juillet, lesateliers se ferment, des rassemblements se forment aux cris de vive la Charte!Un coup de fusil, parti des fenêtres d’un hôtel, rue Saint-Honoré, est comme lesignal de l’insurrection. On chercha des armes partout, et l’on pilla dans ce butles boutiques d’armuriers. Quelques barricades furent élevées sur plusieurs pointscomme par enchantement. Les troupes appartenant à la ligne et à la garderoyale stationnaient sur les boulevards et sur les places où la foule devenait deplus en plus menaçante, et tâchaient d’arrêter les premiers élans de l’insurrec-tion. Paris fut mis en état de siège, et le duc de Raguse chargé de défendre laroyauté. Le 28 juillet, le drapeau tricolore était déployé; les gardes nationalesrevêlaient leur uniforme proscrit; les imprimeurs, les étudiants, les ouvrierss assemblaient en armes dans les rues, et leur premier exploit était la prise duposte et de la mairie des Petits-Pères. D’autres barricades s’élèvent dans les ruesles plus populeuses; le tocsin sonne dans les églises, les tambours des troupeset de la garde nationale battent au champ; sur une foule de points la fusillades’engage. Il y eut, de part et d’autre, du côté des soldats royalistes et du côtédes insurgés, des traits d’héroïsme et de dévouement. Le soir, les troupes quit-tèrent leurs postes et se réunirent aux environs des Tuileries . On peut dire que,dans cette journée, l’avantage resta aux insurgés. La nuit se passa à faire