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fut résolu, que les fonds nécessaires pour les travaux furent votés, et que lesarchitectes se mirent immédiatement à l’œuvre. Je vais ajouter quelques détailsaux indications que j’ai données déjà sur la décoration de ce vaste monument (1).En 1842, l’aile droite et l’aile gauche sur la Grève, le corps de logis formant façadesur le quai, la façade nouvelle sur la rue Lobau, et l’aile gauche donnant sur larue de la Tixeranderie étaient achevés. Il restait encore à exécuter la décorationintérieure. L’année suivante on reprit les travaux, aujourd’hui presque terminés,et évalués à 12,417,324 francs.
L’IIôtel de Ville présente actuellement un rectangle de 180 mètres de longsur 80 mètres de large, avec quatre grands pavillons à ses angles. La façade pri-mitive a été prolongée au moyen de deux ailes bâties dans le même style quel’ancienne construction. Les architectes, pour les autres façades, se sont livrésà leur propre inspiration; ces façades nouvelles ont deux étages en arcades;celles qui sont parallèles aux quais ont treize travées séparées par des colonnesengagées. La façade sur la rue Lobau est décorée de colonnes dégagées et divi-sée en quinze travées; elle offrira une série de statues placées sur les piédestauxde la balustrade du couronnement.
Trois grandes portes sur la place de Grève, donnent entrée dans trois coursprincipales; celle de droite conduit aux appartements particuliers du préfet;celle de gauche aux bureaux de la préfecture : ces deux cours sont symétriqueset ont la forme d’un trapèze (34 mètres sur 20). Enfin celle du milieu, l’an-cienne cour, est dite cour d'honneur, et mène’aux salons du roi.
Les façades des deux cours latérales ont deux étages, et sont surmontées d’unattique. La cour du préfet est richement décorée; on y voit des médaillons etdes trophées sculptés. C’est par cette cour que l’on arrive à la galerie des fêtts,laquelle occupe le corps de logis qui longe la rue Lobau. Cette galerie (48 mètresde long sur 13 de large et 11 de haut) est ornée de colonnes corinthiennessur lesquelles s’appuie la voûte qui porte le plafond. La salle des Cariatidesest voûtée en pendentifs, et présente une tribune qui s’élève sur des figures.Les salons municipaux sont placés dans le bâtiment qui regarde le quai; on yarrive par un escalier rehaussé d’ornements exécutés par MM. Marneuf etCombcttes; dans les arcades du premier étage, des figures allégoriques ont étésculptées par MM. Venot, Brion, I)ebay, Caudron et Desprez. Dans le salonA’ introduction, on voit des frises peintes par M. Court; un autre salon vient en-
(1) Des recherches nouvelles, laites dans les archives de la municipalité parisienne ( voyez Hôtel de Ville de Paris , mesuré, dessiné et publié par Victor Calliat , architecte, avec Notice historique,par Le Roux de Lincy, Paris , 18H, in-f».), ont recliüé quelques erreurs accréditées depuis long-temps sur la construction de l'Ilôtel de Ville . Il paraît certain que l'ancien édilice, commencé en1533, est celui qui existe encore, qu’il a été bâti sur les dessins de Dom. Boccardo dit de Cortone ,assisté de Jehan Asselin, Maître des œuvres de la ville, et que les sculptures lurent exécutées pa rThomas Chocqueur. En 1511, le rez-de-chaussée et les étapes de la façade donnant sur la Grèveainsi que la cour d’honneur sur trois côtés, étaient achevés. Les travaux, longtemps suspendus,furent repris sous le règne de Henri IV , en 1605. La façade fut terminée en 1608. Pierre Biat'ilsculpta alors la statue équestre de ce roi, qu’on voit au-dessus de la porte centrale. De 1612 à 1628 ,on bilit le pavillon de gauche de la façade, et le bâtiment qui clôt la cour d’honneur à gauche. P° urces nouvelles constructions on se conforma aux plans de Dom. de Cortone . Depuis on se borna aquelques modifications dans la distribution intérieure de l’édifice.