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Tome vingt-neuvieme.
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P E N S .É E SX X'V I.

Les petites machines ne réussissent point en grand,parce que les frottemens les dérangent : il en est de

Si le peuple est. ignorant, alors la fureté personnelle , la propriétédes biens, le maintien de ses usages , font les feules choses qui luisoient chères ; il ne diffère des habitans d’un autre pays que parce qu’il adc ses droits une idée moins étendue, moins complète.

L’imerêt de tout gouvernement est d’avoir l'autorité enticre 8c d’êtrepaisible' k assuré, 11 ne doit donc pas choquer ce principe d’interct quiest le mobile de la nation ; au contraire , il le respectera 8c cherchera à enfaire l’instrument de ses projets. Ainsi, par exemple, dans un gouverne-ment comme l’Angleterre, les lois s’occuperont du maintien des droits deshommes ; il en fera de même dans une monarchie , d’autant plus que lanation fera plus éclairée, 8c qu’il y aura moins de distinction entre leshommes, que le ressort de la vanité fera plus affaibli.

Dans les aristocraties on veillera à maintenir Tégalité entre lesmembres du souverain , 8c en même temps à les empêcher d’opprimerchacun cn particulier ; on affectera d’autant plus la justice qu’on fera plussouvent obligé de la violer pour affermir le pouvoirdu sénat. On donnera àToppression l’apparencc de la règle; .on evitera surtout dc laisser prendreaux hommes la connaissance de leurs droits. Dans la démocratie , legouvernement- tendra à conserver Inégalité entre les citoyens ; il éviterace qui la blesserait de droit, ou ne la violera que par des formes quiparaissent la conserver. Le monarque d’une nation ignorante qu’onappelle despote respectera les usages 8c les préjugés, fera sévère contreles subalternes qui abusent de leur pouvoir, contre ceux qui troublentTordre. Dans une monarchie où il y a beaucoup de distinctions, on lesemploiera pour attacher tous les hommes riches au gouvernement, 8cTon fera tomber fur le peuple tout lc poids de l’autorité 8c du pouvoir ;on ménagera plus les fantômes de Torgueil que les droits réels des citoyens.Le principe est toujours le même, Tintérêt, qui force à respecter l’opiniongénérale, qui produit un gouvernement plus ou moins sage à mesureque le peuple est plus éclairé 8c a moins de préjugés. Mais dans tousles gouvememens c’est la crainte qui contient le peuple; à st l’honncurqui est le principal mobile des actions de ceux qui n’étant point occupésde leur subsistance, le sont davantage de leur vanité ; c’est la vertu quiinspire un très-petit nombre d’hommes, très-rares dans tous les pays 8cdans tous les siècles.

Ce que nous venons de dire, nous parait propre à faire entendre cequi a pu donner à Montesquieu ridée de ses trois principes , & à moiatreren même temps que cette distinction est inutile 8c peu sondée.

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