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De la paix
X I V.
Un Marcel, en Afrique, jette son ceinturon parterre, brise son bâton de commandement à la tètede sa troupe , 8c déclare qu’il ne veut plus servirque le Dieu des chrétiens. On fait un saint de ceséditieux.
Un diacre, nommé Laurent, au lieu de contribuercomme un citoyen aux nécessités de l’empire , au lieude payer au préfet de Rome l’argent qu’il a promis,lui amène des borgnes 8c des boiteux, 8c on fait unsaint de ce téméraire !
PolyeuBe, emporté par le fanatisme le plus punis-sable , brise les vases sacrés, les statues d’un templeoù l’on rendait grâces au ciel pour la victoire del’empereur ; 8c on fait un saint de ce perturbateur durepos public, criminel de lèse-majesté.
Un Théodore, imitateur d'EroJlrate, brûle le templede Cibèle dans Amasie en 305,8c on fait un saint decet incendiaire ! Les empereurs 8c le sénat , quin’étaient pas illuminés par la foi, ne pouvaient doncs’empêcher de regarder le christianisme comme unesecte intolérante 8c comme une faction téméraire,qui tôt ou tard aurait des suites funestes au genre-humain.
X V.
Un jour un juif de bon sens 8c un chrétien compa-rurent devant un sénateur éclairé , en présence dusage Marc-Aurèle, qui voulait s’instruire de leursdogmes. Le sénateur les interrogea l’un après l’autre.
LE SENATEUR AU CHRETIEN.
Pourquoi troublez-vous la paix de l’empire ?