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Tome vingt-neuvieme.
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De la paix

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ayant été bu, il changea en vin l’eau qu’il fit mettredans des cruches ; mais le plus beau de tous sesmiracles est qu’il envoya deux diables dans le corpsde deux mille cochons, qui allèrent se noyer dansun lac , quoiqu’il n’y eût point de cochons dans lepays.

XVI.

Marc-Aurèle ennuyé de ces choses divines , quine paraissaient que des bêtises à son esprit aveuglé,imposa silence au chrétien, qui aurait encore parlélong-temps. II ordonna au juif de s’expliquer, delui dire en effet si la secte chrétienne était unebranche de la judaïque , 8c ce qu’il pensait de l’une8c de l’autre. Le juif s’inclina profondément, puisleva les yeux au ciel, puis s’énonça en ces termes:

Sacrée majesté, je vous dirai d’abord que lesJuifs font bien éloignés de vouloir dominer commeles chrétiens. Nous n’avons pas l’audace de pré-tendre soumettre la terre à nos opinions; trop contensd’être tolérés, nous respectons tous vos usages fansles adopter : on ne nous voit point porter la séditiondans vos villes 8c dans vos camps ; nous n’avonscoupé le prépuce à aucun Romain, tandis que leschrétiens les baptisent. Nous croyons à Moïse, maisnous n’exhortons aucun Romain à y croire : noussommes (du moins à présent) aussi paisibles, aussisoumis , que les chrétiens font turbulens 8c factieux.

Vous voyez les beaux miracles que nos ennemiscruels imputent à leur prétendu Dieu. S’il s’agiffaitici de miracles , nous vous ferions voir d’abord unserpent qui parle à notre bonne mère commune ;une ânesse qui parle à un prophète idolâtre, 8c ce