80 Les droits des hommes,
Voilà les premiers droits à la couronne des deuxSiciles. Les évêques de Rome ne pouvaienLpas plusdonner ces Etats en lies que le royaume de Boutanonde Cachemire. 11s ne pouvaient même en accorderl’investiture quand on la leur aurait demandée ; cardans le temps de l’anarchie des fiefs , quand unseigneur voulait tenir son bien allodial en fief pouravoir une protection , il ne pouvait s’adreífer qu’à sonseigneur suzerain. Or certainement le^pape n’étaitpas seigneur suzerain de Naples , de la Bouille 8cde la Calabre.
On a beaucoup écrit fur cette vassalité prétendue,mais on n’a jamais remonté à la source. J’ose direque c’est le défaut de presque tous les jurisconsultescomme de tous les théologiens. Chacun tire bienou mal, d’un principe reçu, les conséquences lesplus favorables à son parti. Mais ce principe eíl-ilvrai? ce premier fait fur lequel ils s’appuient cít-ilincontestable ? c’est ce qu’ils se donnent bien de garded examiner. Ils ressemblent à nos anciens romanciers,qui supposaient tous que Francus avait apporté enFrance le casque à'Hector. Ce casque était impéné-trable sans doute ; mais Heâor en effet l’avait-ilporté ? Le lait de la Vierge est aussi très-respectable ;mais les sacristies qui se vantent d'en posséder uneroquille la possèdent-ils en effet?
Giannone est le seul qui ait jeté quelque jour surl’origine de la domination suprême affectée par lespapes fur le royaume de Naples. II a rendu en celaun service éternel aux rois de ce pays ; 8c pourrécompense , il a été abandonné par l’empereurCharles VI, alors roi de Naples, à la persécution
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