ET LES USURPATIONS DES AUTRES. 85
république de Gènes , a celles de Lucques Sc deRaguse, comme à la France & à l’Espagne. II consisteen trois points principaux , accordés par le papeUrbain II à Roger roi de Sicile.
Le premier, de ne recevoir aucun légat à latcrequi fasse les fonctions de pape, fans le consentementdu souverain.
Le second, de faire chez soi ce que cet ambassa-deur étranger s'arrogeait de faire.
Le troisième , d’envoyer aux conciles de Romeles évêques Sc les abbés qu’il voudrait.
C’était bien le moins qu’on pût faire , pour unhomme qui avait délivré la Sicile du joug des Arabes,Sc qui l’avait rendue chrétienne. Ce prétendu privilègen’était autre chose que le droit naturel, comme leslibertés de l'Eglise gallicane ne font que l’ancienusage de toutes les Eglises.
Ces privilèges ne furent accordés par Urbain II,confirmés & augmentés par quelques papes fuivans,que pour tâcher de faire un fief apostolique de laSicile comme ils l’avaient fait de Naples : mais lesrois ne fe laissèrent pas prendre à ce piège. C’étaitbien assez d’oublier leur dignité j ufqu’à être vassaux,en terre ferme; ils ne le furent jamais dans File.
Si l’on veut savoir une des raisons pour laquelleces rois fe maintinrent dans le droit de ne pointrecevoir de légat, dans le temps que tous les autressouverains de F Europe avaient la faiblesse de lesadmettre, la voici dans Jean , évêque de Salisbury :Legati apojlolici ... ita debaccantur in provinciis ac Sathanad Ecclejiam Jlagellandam à facie Dommì, Provmciarumdiripiunt Jpolia ac Ji thejauros Crcefii Jiudeant compararc.
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