86 Les droits des hommes,
Ils saccagent le pays comme si c’était Sathan quiflagellât 1 Eglise loin de la face du Seigneur. Ilsenlèvent les dépouilles des provinces comme s’ilsvoulaient amasser les trésors de Crésus.
Les papes se repentirent bientôt d’avoir cédé auxrois de Sicile un droit naturel. Ils voulurent lereprendre. Baronius soutint enfin que ce privilègeétait subreptice, qu’il n avait été vendu aux roisde Sicile que par un antipape : 8c il ne fait nulledifficulté de traiter de tyrans tous les rois successeursde Roger.
Après des siècles de contestations 8c d'une possessiontoujours constante des rois , la cour de Rome crutenfin trouver une occasion d'affervir la Sicile , quandle duc de Savoie, Viâor-Amédée , fut roi de cette île,en vertu des traités d’Utrecht.
II est bon de savoir de quel prétexte la courromaine moderne se servit pour bouleverser ceroyaume si cher aux anciens Romains. L’évêque deLipari fit vendre un jour, en 1711, une douzainede litrons de pois verds à un grenetier. Le grenetiervendit ces pois au marché, 8c paya trois oboles pourle droit imposé sur les pois par le gouvernement.L’évêque prétendit que c’était un sacrilège , queces pois lui appartenaient de droit divin , qu’ils nedevaient rien payer à un tribunal profane. II estévident qu’il avait tort. Ces pois verds pouvaientêtre sacrés quand ils lui appartenaient ; mais ils neTétaient pas après avoir été vendus. L’évêque soutintqu’ils avaient un caractère indélébile ; il fit tant debruit, 8c il fut si bien secondé par ses chanoines ,qu’on rendit au grenetier ses trois oboles.