ET LES USURPATIONS DES AUTRES. 87
Le gouvernement crut l’affaire appaisée ; maisl’évêque de Lipari était déjà parti pour Rome, aprèsavoir excommunié le gouverneur de l’île Sc les j urats.Le tribunal de la monarchie leur donna l’absolutioncum reincidentia; c’est-à-dire, qu’ils suspendirent lacensure selon le droit qu’ils en avaient.
La congrégation qu’on appelle à Rome de {'immu-nité, envoya auffitôt une lettre circulaire à tous lesévêques siciliens , laquelle déclarait que l’attentatdu tribunal de la monarchie était encore plus sacrilègeque celui d’avoir fait payer trois oboles pour des poisqui venaient originairement du potager d’un évêque.Un évêque de Catane publia cette déclaration. Levice-roi avec le tribunal de la monarchie la cassa,comme attentatoire à l’autorité royale. L’évêque deCatane excommunia un baron Figjieraxii Sc deuxautres officiers du tribunal.
Le vice-roi indigné envoya par deux gentils-hommes un ordre à l’évêque de Catane de sortirdu royaume. L’évêque excommunia les deux gen-tilshommes , mit son diocèse en interdit Sc partit pourRome. On saisit une partie de ses biens. L’évêqued’Agrigente fit ce qu’il put pour s’attirer un pareilordre, on le lui donna. II fit bien mieux que l’évêquede Catane; il excommunia le vice-roi, le tribunalSc toute la monarchie.
Ces pauvretés , qu’on ne peut lire aujourd’huifans lever les épaules, devinrent une affaire très-sérieusc. Cet évêque d’Agrigente avait trois vicairesencore plus excommuniants que lui. Ils furent misen prison. Toutes les dévotes prirent leur parti; laSicile était en combustion.