POUR LE PRINCE ROYAL DE
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Que vos lois ne soient ni trop relâchées ni tropsévères. Point de confiscation de biens à votre profit,c’est une tentation trop dangereuse. Ces confisca-tions ne font, après tout, qu’un vol fait aux enfansd’un coupable. Si vous n arracher pas la vie à cesenfans innocens, pourquoi leur arrachez-vous leurpatrimoine? n’êtes-vous pas assez riche fans vousengraisser du sang de vos sujets? Les bons empe-reurs , dont nous tenons notre législation , n’ontjamais admis ces lois barbares.
Les supplices font malheureusement nécessaires ; ilfaut effrayer le crime : mais rendez les supplices utiles ;que ceux qui ont fait tort aux hommes fervent leshommes. Deux souveraines du plus vaste empire dumonde ont donné successivement ce grand exemple.Des pays affreux défrichés par des mains criminellesn’en ont pas moins été fertiles. Les grands cheminsréparés par leurs travaux toujours renaiffans, ont faitla fureté Sc l'embellissement de l’empire.
Que l’usage affreux de la question ne reviennejamais dans vos provinces, excepté le cas où il s’agiraitévidemment du salut de i’Etat.
La question, la torture fut d’abord une inventiondes brigands, qui venant piller des maisons, lésaientsouffrir des tourmens aux maîtres 8c aux domestiques,jusqu à ce qu’ils eussent découvert leur argent caché;ensuite, les Romains adoptèrent cet horrible usagecontre les esclaves qu’ils ne regardaient pas commedes hommes; mais jamais les citoyens romains n’yfurent exposés.
Vous savez d’ailleurs que dans les pays où cettecoutume horrible est abolie, on ne volt pas plus de
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