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crimes que dans les autres. On a tant dit que laquestion est un secret presque sûr pour sauver uncoupable robuste , 8c pour condamner un innocentd’une constitution faible, que ce raisonnement a enfinpersuadé des nations entières.
V.
Les finances font chez vous administrées avec uneéconomie qui ne doit se déranger jamais. Conservezprécieusement cette sage administration. La recetteest auffi simple qu elle puisse l’être. Les soldats qui neservent à rien en temps de paix font distribués aureceveur des tributs , qui est d’ordinaire un hommed’âge , seul & désarmé. Vous n’êtes point obligéd’entrctcnir une armée de commis contre vos sujets.L’argent de l’Etat ne passe point par trente mainsdifférentes, qui toutes en retiennent une partie. Onne volt point de fortunes immenses élevées par larapine à vos dépens, & aux dépens de la noblesse& du peuple. Chaque receveur porte tous les moisl’argent de fa recette à la chambre de vos finances.Le peuple n’est point foulé, 8c le prince n'est pointvolé. Vous n’avez point chez vous cette multitude depetites dignités bourgeoises, 8c d’emplois subalternesfans fonction , qu’on voit sortir de sous terre danscertains Etats où ils font mis en vente par une admi-nistration obérée. Tous ces petits titres font achetéschèrement par la vanité ; ils produisent aux acheteursdes rentes perpétuelles, 8c l'affaiblissement perpétuelde l’Etat.
On ne voit point chez vous cette foule de bourgeoisinutiles, intitulés conjallers du prince , qui vivent dansl'oisiveté , 8c qui n’ont autre chose à faire qu’à dépenser