Band 
Tome vingt-neuvieme.
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OBSERVATIONS

SUR

MM. JEAN LAW, MELON ET DUTOT : SURLE COMMERCE , LE LUXE , LES MON-NAIES ET LES IMPOTS.

O N entend mieux le commerce en France depuisvingt ans qu’on ne l’a connu depuis Pharamond jus-qu’à Louis XIV. C’était auparavant un art caché ,une espèce de chimie entre les mains de trois ouquatre hommes qui sesaient en effet de for, 8c qui nedisaient pas leur secret. Le gros de la nation étaitdune ignorance si profonde fur ce secret important,qu’il n’y avait guère de ministre ni déjugé qui sût ceque c’était que des aÛìons , des primes , le change , undividende. II a fallu qu’un écossais nommé Jean Lawsoit venu en France , 8c ait bouleversé toute l’éco-nomie de notre gouvernement pour nous instruire.II osa , dans le plus horrible dérangement de nosfinances, dans la disette la plus générale , établir unebanque 8c une compagnie des Indes. C’était l’émé-tique à des malades ; nous en prîmes trop , 8c nouseûmes des convulsions. Mais enfin des débris de sonsystème il nous resta une compagnie des Indes aveccinquante millions de fonds. Qu’eût-ce été si nousn’avions pris de la drogue que la dose qu’il fallait ?Le corps de l’Etat serait, je crois , le plus robuste Scle plus puissant de l’unívers.

Politique ù Lcgì/l. T orne I.

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