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Tome vingt-neuvieme.
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146 DU COMMERCE ET DU LUXE.

II régnait encore un préjugé fi grossier parmi nous,quand la présente compagnie des Indes fut établie,que la sorbonne déclara usuraire le dividende desactions. C’est ainsi qu’on accusa de sortilège en 1470les imprimeurs allemands qui vinrent exercer leurprofession en France.

Nous autres Français, il le faut avouer, noussommes venus bien tard en tout genre ; nos premierspas dans les arts ont été de nous opposer à l’intro-duction des vérités qui nous venaient d’ailleurs ; nousavons soutenu des thèses contre la circulation dusang démontrée en Angleterre ; contre le mouvementde la terre prouvé en Allemagne ; 011 a proscrit pararrêt jusqu’à des remèdes íalutaires. Annoncer desvérités , proposer quelque chosed’utileaux hommes,c’est une recette sûre pour être persécuté. Jean Law ,cet écossais à qui nous devons notre compagnie desIndes 8c Inintelligence du commerce , a été chassé deFrance , 8c est mort dans la misère à Venise ; 8ccependant nous qui avions à peine trois cents grosvaisseaux marchands quand il proposa son système, ( a)nous en avons aujourd’hui dix-huit cents. Nous leslui devons , 8c nous sommes loin de la reconnais-sance.

Les principes du commerce font à présent connusde tout le monde ; nous commençons à avoir de bonslivres fur cette matière. L 'Essai sur le commerce deM. Melon est l’ouvrage d’un homme d’esprit , d’uncitoyen, d’un philosophe ; il se sent de l’esprit du siècle ;8c je ne crois pas que du temps même de M. Colbert

Ceci était écrit en 1738.