Band 
Tome vingt-neuvieme.
Seite
165
JPEG-Download
 

de Paris. 165

esprit 8c on fera ce qu’on voudra. Je ne demandeautre chose , sinon qu’on veuille avec fermeté. IIs’agit bien d’une place ! Paris serait encore très-incommode8c très-irrégulier quand cette place seraitfaite ; il faut des marchés publics , des fontaines quidonnent en effet de seau, des carrefours réguliers,des salles de spectacles ; il faut élargir les rues étroites8c infectes , découvrir les monumens qu’on ne voltpoint, 8c en élever qu’on puisse voir.

La bassesse des idées, la crainte, encore plus baffe,d’une dépense nécessaire , viennent combattre cesprojets de grandeur que chaque bon citoyen a faitscent fois en lui-même. On se décourage, quand onsonge à ce qu’il en coûtera pour élever ces grandsmonumens, dont la plupart deviennent chaque jourindispensables, 8c qu’il faudra bien faire à la fin ,quoi qu’il en coûte ; mais au fond il est bien certainqu’il n’en coûtera rien à l’Etat. L’argent employéà ces nobles travaux ne fera certainement pas payéà des étrangers. S’il fallait faire venir le fer d’Alle-magne 8c les pierres d’Angleterre, je vous dirais :Croupissez dans votre molle nonchalance .jouissez enpaix des beautés que vous possédez , 8c restez privésde celles qui vous manquent. Mais bien loin que1 Etat perde à ces travaux, il y gagne; tous lespauvres alors font utilement employés , la circulationde l’argent en augmente , 8c le peuple qui travaillele plus est toujours le plus riche. Mais où trouverdes fonds ? Et où en trouvèrent les premiers rois deRome, quand, dans les temps de la pauvreté , ilsbâtirent ces souterrains qui furent six cents ans après

L3