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nos plus vils animaux serait infiniment préférable annôtre. Oui, nous jeûnons , mais c’est à vous seuls deconnaître des misérables alimens que nous fournissentnos campagnes. Les substituts de MM. les procureurs-généraux, tous les juges inférieurs, savent que nousn’avons que des œufs 8c du fromage; que les seulsriches ont au mois de mars des légumes dans leursserres, 8c du poisson dans leurs viviers.
Nous demandons à jeûner, mais non à mourir.L’Eglife nous ordonne l’abstinence, mais non lafamine. On nous dit que ces lois viennent d’un cantond’Italie, 8c que ce canton d’Italie doit gouverner laFrance; que nos évêques ne font évêques que parlapermission d’un homme d’Italie. C’est ce qui passenos faibles entendemens , 8c fur quoi nous nous enrapportons à vos lumières : mais ce que nous savonstrès-certainement, c’est que les parties méridionalesd’Italie produisent des légumes nourrissans dans letemps du carême, tandis que dans nos climats tantvantés la nature nous refuse des alimens. Nous enten-dons chanter le printemps par les gens de la ville ;mais dans nos provinces septentrionales , nous neconnaissons du printemps que le nom.
C’est donc à vous à décider si la différence du foln’exige pas une différence dans les lois, 8c si cet objetn’cst pas essentiellement lié à la police générale dontvous êtes les premiers administrateurs. {ì )
( i ) II n’y a pas long-temps qu’à Paris on était forcé pendant lecarême d’acheter la viande à ì’hôtel-dieu , qui, en vertu de ce monopole,la vendait à un prix excessif. Le carême était un temps dc misère 8c■presque de famine pour les artisans 8c H petite bourgeoisie. Cet abusridicule a été détruit en 1775 par M. Turgot* Croirait-on que dans la