Band 
Tome vingt-neuvieme.
Seite
225
JPEG-Download
 

DES DELITS ET DES PEINES. 225

qu’elles n’influaient en rien fur le gouvernement del’Etat ; c'eíl qu’elles ne troublèrent aucune institution,a,ucune cérémonie religieuse. Les Romains n’en eurentpas moins une excellente police, Sc ils n’en surentpas moins les maîtres absolus de la plus belle partiedu monde jusqu’à Théodose II.

La maxime du sénat, comme on l’a dit ailleurs ,était Deorum offensa Diis cura : les offenses contre lesDieux ne regardent que les Dieux. Les sénateursétant à la tête de la religion, par l’institution la plussage , n’avaient point à craindre qu’un collège deprêtres les forçât à servir sa vengeance sous prétextede venger le ciel. Ils ne disaient point : Déchironsles impies de peur dépasser pour impies nous-mêmes ;prouvons aux prêtres que nous sommes austi reli-gieux qu’eux , en étant cruels.

Notre religion est plus sainte que celle des anciensRomains. L’impiété parmi nous est un plus grandcrime que chez eux. Dieu la punira ; c'est auxhommes à punir ce qu’il y a de criminel dans ledésordre public que cette impiété a causé. Or si dansune impiété il ne s’est pas volé un mouchoir , sipersonne n’a reçu la moindre injure , si les ritesreligieux n’ont pas été troublés , punirons-nous( il faut le dire encore ) cette impiété comme unparricide? La maréchale d 'Ancre avait fait tuer uncoq blanc dans la pleine lune, fallait-il pour celabrûler la maréchale d 'Ancre ?

EJl modus ìn rébus, funt certi denique fines.

Js'ec fcuticâ dignum horribili/effare jiagcllo '

%

Politique ò Légijl. Tome I.

P