DES DELITS ET DES PEINES. 25 1
jì son prochain , il est aufíì des cas où il est permisj? de se tuer soi-même.
On ne doit attenter sur sa vie qu’après avoir»? consultéla raison. L’autorité publique, qui tient lajj place de Dieu, peut disposer de notre vie. La raisonde 1 homme peut auffi tenir lieu de la raison dej» Dieu , c’est un rayon de la lumière éternelle.,,
S 1 Cyran étend beaucoup cet argument qu’on peutprendre pour un pur sophisme ; mais quand il vientà l’explication 8c aux détails, il est plus difficile delui répondre. ,» On peut, dit-il, se tuer pour le bien>> de son prince, pour celui de sa patrie , pour celuide ses par en s. n
On ne voit pas en effet qu’on puisse condamnerles Codrus 8c les Curtius. 11 n’y a point de souverainqui osât punir la famille d’un homme qui se seraitdévoué pour lui ; que dis-je ? il n’en est point quiosât ne la pas récompenser. S 1 Thomas avant S 1 Cyranavait dit la même chose. Mais on n’a besoin ni deThomas , ni de Bonaventure , ni de Haurane , poursavoir qu’un homme qui meurt pour sa patrie estdigne de nos éloges.
L’abbé de S 1 Cyran conclut qu’il est permis defaire pour soi-même ce qu’il est beau de faire pourun autre. On sait assez tout ce qui est allégué dansPlutarque , dans Sènèque , dans Montagne 8c dans centautres philosophes en faveur du suicide. C’est unlieu-commun épuisé. Je ne prétends point ici fairel’apologie d’une action que les lois condamnent, maisni fancien Testament ni le nouveau n’ont jamaisdéfendu à l’homme de sortir de la vie quand il nepeut plus la supporter. Aucune loi romaine n’a
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