254 Commentaire sur le livre
Ainsi lorsqu’un père de famille a ra été condamnéaux galères perpétuelles par une sentence arbitraire ,
( n ) soit pour avoir donné retraite chez soi à unprédicant , soit pour avoir écouté ion sermon dansquelques cavernes, ou dans quelque désert, la femme8c les ensans font réduits à mendier leur pain.
Cette jurisprudence qui consiste à ravir la nour-riture aux orphelins , 8c à donner à un homme lebien d’autrui, fut inconnue dans tout le temps de larépublique romaine. Sylla l'introduisit dans ses pros-criptions. II faut avouer qu’une rapine inventée parSylla n était pas un exemple à suivre. Ausiì cette loi,qui semblait n’être dictée que par l’inhumanité 8cl’avarice , ne fut suivie ni par César , ni par le bonempereur Trajan , ni par les Antonins, dont toutes lesnations prononcent encore le nom avec respect 8cavec amour. Enfin, sous Justinien la confiscationn’eutlieu que pour.le crime de lèse-majesté.
II semble que dans les temps de l’anarchie féodaleles princes 8c les seigneurs des terres étant très-peuriches , cherchassent à augmenter leur trésor par lescondamnations de leurs sujets , 8c qu’on voulût leurfaire un revenu du crime. Les lois chez eux étantarbitraires , 8c la jurisprudence romaine ignorée, lescoutumes ou bizarres ou cruelles prévalurent. Maisaujourd’hui que la puissance des souverains est fondéefur des richesses immenses 8c assurées , leur trésor n'apas besoin de s’enster des faibles débris d’une famillemalheureuse. Ils sont abandonnés pour l’ordmaire au
(n) Voyez l’èdit de 1724, 14 mai , publié à la sollicitation ducardinal de Fleuri 2 c revu par lui.