DES DELITS ET DES PEINES. 253
font des eunuques, soit en leur arrachant les testicules,soit en les froissant. On confisquait aussi par cetteloi les biens de ceux qui se fêtaient ainsi mutiler. Onaurait pu punir Origène qui se soumit à cette opéra-tion , ayant interprété rigoureusement ce passage deS‘ Matthieu : II en ejl qui Je jont châtrés eux-mêmes pourle royaume des cieux.
Les choses changèrent fous les empereurs fui van squi adoptèrent le luxe asiatique , & surtout dans lebas empire de Constantinople , où l’on vit deseunuques devenir patriarches , Sc commander des.armées.
Aujourd’hui à Rome l'usage est qu’on châtre lesen fan s pour les rendre dignes d’être musiciens dupape , de forte que cajlrato & musico del papa fontdevenus synonymes. 11 n’y a pas long-temps qu’onvoyait à Naples en gros caractères au-dessus de laporte de certains barbiers : Qui si cajlrano maraviglio-Jamente i putti .
De la confiscation attachée à tous Us délits dont ona parlé.
C'est une maxime reçue au barreau : Qui confjqucle corps confjque les biens; maxime en vigueur dans lespays où la coutume tient lieu de loi. Ainsi, commenous venons de le dire, on y fait mourir de faim lesen fans de ceux qui ont terminé volontairement leurstristes jours, comme les enfans des meurtriers. Ainsiune famille entière est punie dans tous les cas pour lafaute d’un seul homme.