Band 
Tome vingt-neuvieme.
Seite
273
JPEG-Download
 

D u VOL. 273

ciboire ; si ce ciboire d’argent doré n’était pas aban-donné par négligence, ce qui diminuerait le délit.Le sacristain qui a fait cette loi a-t-il bien songéqu’un homme brûlé vif ne peut plus se repentir &réparer ses fautes? (3)

On a pendu à Londres , cette année 1777, leplus fameux prédicateur d’Angleterre nommé Dod,Sc non-seulement grand prédicateur , mais directeurdes consciences les plus timorées; 8c non-seulementdirecteur des consciences, mais promoteur des éta-bliffemens les plus charitables. II était convaincud’avoir volé trois mille livres sterling par un crimede faux ,en contrefesant la íìgnatùre du jeune comtede Chejlerjìdd, dont il était le chapelain Sc le .pen-sionnaire. On prétend que plus de vingt millecitoyens ont en vain demandé fa grâce,‘Sc que legouvernement s’est cru obligé de la refuser, parceque le crime de faux était trop commun chez cettenation guerrière 8c marchande. Toutes les dévotesdu chapelain Dod ont pleuré en le voyant pendre,Sc il a édifié tous les spectateurs. II est certain queson châtiment eût été plus exemplaire 8c plus utile,si on l’avait vu pendant une ou deux années, unechaîne au cou , nétoyer de ses mains sacerdotalesle milieu très-sale des rues de Londres , 8c si onl’eût envoyé ensuite préparer la morue dans l’île deTerre-Neuve, qui a besoin de manœuvres.

(3) En 1780 un malheureux fut condamné, par arrêt du parlementde Paris, à être brûle vif, comme véhémentement soupçonné d’avoirvolé un calice. Cependant il n’existe aucune loi formelle qui prononcela peine du feu contre ce délit; auíïì le même tribunal n'a-t-il condamnépour ce crime qu’aux galères toutes les fois qu’un des juges a eu le couragede réclamer les droits de la raison 8c ceux de l’humanité*

Politique ò Lègijl. Tome I.

S